Qui a le meilleur programme pour lutter contre l’immigration ? – Les Identitaires publient un comparatif

Comparatif des mesures proposées par les candidats de droite à l’élection présidentielle française de 2022.

En vue du premier tour de l’élection présidentielle du 10 avril 2022, Les Identitaires publient un comparatif permettant d’identifier rapidement les positions de chaque candidat de droite sur la question de l’immigration. Des points ont été attribué aux mesures les mieux à même d’inverser les flux migratoires. Sur cette base une note finale a été attribuée à chaque candidat.

Introduction

L’immigration est un enjeu majeur de l’élection, en tout cas à droite. Certes, l’invasion de l’Ukraine par la Russie occupe en ce moment une place prépondérante dans l’espace médiatique : pour autant, avec le recul, peu d’élections présidentielles françaises ont accordé autant de temps à la problématique migratoire – et il est désormais quasiment impensable que cette question ne fasse pas l’objet d’un volet dédié dans le programme d’un candidat de droite.

Depuis une décennie, Les Identitaires ont mis en avant une proposition politique audacieuse pour faire face au chaos migratoire et identitaire qui frappe notre pays : la remigration, soit le rapatriement dans leur pays d’origine d’une majorité d’extra-Européens non-assimilés. Cet ensemble de mesures a été présenté dans un ouvrage synthétique : 30 mesures pour une politique d’identité et de remigration.

C’est à l’aune de nos exigences, les seules capables d’empêcher le remplacement de population en France, que nous avons choisi de juger le projet des candidats de droite à l’élection. Cette évaluation se fera en 3 temps : premièrement, la place occupée par le thème de l’immigration et de l’identité dans le programme de chacun des candidats ; ensuite, nous vous présenterons rapidement les dynamiques des candidats sur cette question, selon qu’ils se radicalisent ou qu’ils fassent au contraire le choix de la modération. Enfin, nous avons mis au point un tableau de synthèse et de comparaison des positions des prétendants à la présidentielle, afin de pouvoir délivrer à chacun d’eux un score quant à la pertinence de leur projet sur la thématique identitaire.

Premier aperçu des programmes & dynamiques de campagnes

Valérie Pécresse – Sur son site de campagne, la thématique de l’immigration fait l’objet d’une catégorie spécifique, en sixième position, derrière le pouvoir d’achat, la jeunesse ou… le sport. Le maître-mot du projet, c’est « Mettre fin à l’immigration incontrôlée ». On observe derrière cette formule la vieille rengaine sarkozyste sur l’« immigration choisie ». D’ailleurs, dans l’encart de synthèse de la candidate, Sarkozy est par deux fois invoqué comme une référence en matière de lutte contre l’immigration, alors que son mandat était déjà le plus immigrationniste de la Ve République.

Le projet de Pécresse est divisé en 5 points : « Reprendre le contrôle de nos frontières » (il serait temps), « Fin de toutes les primes à l’illégalité » (dans la limite du politiquement incorrect disponible), « Des expulsions effectives » (jusqu’à ce que la gauche crie au racisme), « Exiger l’assimilation » (pourquoi pas demander la permission de vivre en France pour les Français eux-mêmes ?), « Défendre les valeurs de la République pour faciliter l’intégration » (en dispersant les ghettos sur le territoire, dans l’esprit de la mixité ethnique). Le projet de la candidate des Républicains est classique dans sa forme (et donc dans son fond). Les grandes formules appelant à la rupture y côtoient les précautions oratoires cacochymes : suffisamment radical pour plaire à l’électeur historique de droite qui en a marre que la valeur de ses biens immobiliers s’effondre à chaque quinquennat de gauche sous l’effet de l’immigration, mais pas trop pour ne pas s’attirer les mauvais regards pendant les dîners en ville. C’est d’ailleurs ce qui était ressorti de sa prestation au meeting de Paris le 13 février, où elle avait employé le terme de « Grand Remplacement », avant de se dédouaner de façon chaotique. Si l’exécution est parfois erratique, la mécanique est bien rôdée.

Nicolas Dupont-Aignan – De façon frappante, l’immigration n’est apparemment pas considérée comme suffisamment importante pour mériter une rubrique dédiée. Pour un candidat qui s’inquiétait du Grand Remplacement dans une tribune de 2017, on est loin du compte. À la place, les mesures sont évoquées dans un volet « Cohésion nationale » qui expose les objectifs du candidat gaulliste pour « Garantir la laïcité et maîtriser l’immigration ». Le constat chiffré sur l’invasion migratoire est cependant clairement affiché : explosion de l’accord de titres de séjours, OQTF non-exécutées, inflation délirante de l’AME (entre autres). Malheureusement, les rengaines de la vieille droite post-gaulliste sont bien présentes : on y fustige le « communautarisme » (un adversaire flou s’il en est) tout en rappelant le caractère possible et souhaitable de l’apparition d’un « islam de France ». Notons tout de même la mesure la plus radicale du programme : la suspension du regroupement familial et la suppression du régime d’exception des Algériens. Le ton du programme oscille entre une certaine radicalité et un rappel constant des valeurs républicaines, censées rendre les mesures proposées plus acceptables aux yeux des électeurs les plus frileux. Ce grand écart est notamment illustré par le volet « Sécurité & Justice », dans lequel est évoquée la situation sécuritaire catastrophique du pays, accablé par le trafic de drogues et les « zones de non-droit » sans que ne soit jamais nommée l’immigration. Une prouesse.

Marine Le Pen – L’immigration tient une place particulière dans le programme du Rassemblement national : d’une part, il est l’objet du tout premier axe de mesures du programme (« Arrêter l’immigration incontrôlée en donnant la parole aux Français par référendum ») et d’autre part, un livret spécifique est dédié à cette question, au même titre qu’aux 10 autres projets qui constituent le programme de Marine Le Pen. Héritage post-gaulliste oblige, les éléments de langage du Rassemblement National sont quasiment identiques à ceux de Dupont-Aignan. Les adversaires désignés sont « le communautarisme » et le « séparatisme », causes et conséquences de l’impossibilité de l’assimilation.

Le danger démographique global est cependant clairement pointé du doigt : l’explosion de la démographie africaine est présentée comme un des « grands défis du XXIe siècle », explosion vouée à être accentuée par les désordres internationaux du Moyen-Orient et l’urgence climatique. Sans conteste, le programme du RN sur l’immigration fait l’objet de l’attention la plus poussée : le projet de 46 pages fait à la fois office de rappel historique, point sur la situation légale de l’immigration et présente une série de mesures destinées à renverser la tendance. Plus de la moitié du livret (24 pages) est dédié à présenter le projet de loi référendaire « Citoyenneté, Identité, Immigration », qui constituera le fer de lance de la politique de Marine Le Pen sur la question identitaire. Parmi tous les candidats, c’est clairement son parti qui a proposé le projet le plus précis et le plus approfondi. En revanche, on se doit de souligner la disparition de la question de la double nationalité du programme. La double nationalité facilite la déchéance de nationalité et les expulsions, seulement renoncer à son interdiction est symboliquement dérangeant car ce retrait est destiné à envoyer un message d’apaisement et de séduction aux électeurs issus de l’immigration. De quoi questionner sur la volonté de mettre en œuvre fermement les mesures proposées par ailleurs.

Éric Zemmour
– Le candidat de Reconquête ! est sans conteste celui qui se présente de façon la plus radicale comme l’opposant au remplacement de population et à l’islamisation de la France, ne serait-ce que par le nom de son parti. Le programme de l’ancien journaliste comporte donc de façon fort logique une partie spécifique sur l’immigration, dont le langage ne laisse pas de place au doute : les verbes d’actions, nombreux et sans équivoque, ne sont pas au conditionnel (« Mettre fin au regroupement familial », « Supprimer l’AME », etc.). Inversement au projet du RN, le programme de Reconquête ! présente d’abord ses mesures-phares avant de dresser le constat chiffré de la situation migratoire, qui est présentée d’une façon moins « technocratique » qu’au Rassemblement national. Jeune dans le domaine de la politique électorale, Eric Zemmour a d’emblée présenté un projet relatif à l’immigration au ton radical et sans concession. Certes, on peut regretter certaines sorties médiatiques où il opère une distinction sans réel fondement entre l’islam et les musulmans. On regrette aussi que l’assimilation soit toujours présentée comme un modèle dans une situation où elle est complètement dépassée. Mais force est de constater que ces prises de positions sont compensées par d’autres plus en accord avec une politique réaliste, c’est-à-dire remigrationniste. Et son programme ne laisse que peu de doutes quant au fait que c’est bien Reconquête ! qui est le parti aux mesures les plus « identitaires-compatibles » pendant cette campagne.

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