Mélenchon se voit déjà au second tour

Placée en troisième position par plusieurs organismes de sondages qui l’ont récemment crédité de 12,5 à 13 % des intentions de vote au premier tour de la présidentielle, la « vielle casquette » gauchiste de la classe politique française se prend maintenant à rêver. Visiblement convaincu que son heure est enfin arrivée, et qu’il lui sera possible de se hisser au second tour pour affronter Macron le 24 avril prochain, le candidat de LFI, qui organisait dimanche après-midi à Paris sa grande « Marche pour la VIe République », a appelé les électeurs de gauche à « ne pas se dérober » et à « voter utile ». Autrement dit, pour lui.

Combien étaient-ils au juste à avoir répondu dimanche à l’appel de Mélenchon ? Difficile d’avancer un chiffre précis car, si LFI a revendiqué dans la soirée « plus de 100 000 participants » à son meeting parisien, chose étrange, la préfecture de police de Paris a fait savoir de son côté qu’elle n’avait pas effectué de chiffrage de ce rassemblement. Quoi qu’il en soit, partie à 14 heures de la place de la Bastille, la grande cohorte des islamo-gauchistes, enragés anti-flics, et autres militants racialistes, a rapidement rejoint celle de la République, pour y écouter le discours d’un Mélenchon soucieux de rassembler derrière lui les divers courants de gauche et d’extrême gauche en vue du scrutin du 10 avril. Empruntant des postures de lider maximo, le candidat LFI, n’hésitant pas à marteler qu’il est « le seul vote utile » ou encore que « la responsabilité morale et matérielle de chacun » est engagée, a ainsi appelé les électeurs de gauche à « ne pas se cacher derrière les divergences entre les chefs et les étiquettes ».

Mélenchon prend ses rêves pour des réalités

Peu avant, le candidat LFI avait rappelé les grandes lignes de son programme de campagne, insistant pêle-mêle sur son intention d’élever le Smic à 1 400 euros net, de fixer l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans, de « bloquer à 1,40 euro » le prix du litre d’essence, d’« abolir Parcoursup » pour faire plaisir aux profs, de mettre en œuvre le fameux « référendum d’initiative citoyenne » réclamé jadis par les Gilets jaunes auxquels il a promis au passage de « rendre justice » face à la « répression policière », et enfin sur sa volonté d’« abolir la monarchie présidentielle ». Autrement dit, son souhait de passer à une VIe République.

Reste que, en s’imaginant déjà face à Macron au second tour de la présidentielle, Mélenchon prend un tantinet ses rêves pour des réalités. Même en tenant compte de la marge d’erreur inhérente aux sondages, il reste (heureusement) très loin derrière de Marine Le Pen, qui frôle aujourd’hui les 20 % d’intentions de vote. En outre, on rappellera que ses nombreuses divergences avec le reste de la gauche, que ce soit sur le nucléaire, les questions européennes ou encore la laïcité, sont très loin d’être négligeables.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 21 mars 2022