Les va-t-en-guerre – Conflit russo-ukrainien

Kiev ne veut pas être « neutre »

Mauvaise nouvelle pour la paix, le gouvernement de Kiev, sur lequel pourtant l’étau russe semble se resserrer inexorablement, a rejeté la proposition du Kremlin d’une « neutralité » sur le modèle suédois ou autrichien, pays non membres de l’Otan et ne pouvant envoyer des troupes sur un terrain de guerre que dans le cadre de missions de l’ONU.

« L’Ukraine est maintenant en état de guerre directe avec la Russie. Par conséquent, le modèle ne peut être qu’ukrainien », a déclaré l’un des négociateurs ukrainiens, Mykhaïlo Podoliak, dans des commentaires publiés par la présidence. Il a également précisé vouloir des « garanties de sécurité absolues » face à la Russie, dont les signataires s’engageraient à intervenir du côté de l’Ukraine en cas d’agression.

Ce refus ukrainien est une douche froide pour les partisans d’une issue diplomatique rapide au conflit alors que les déclarations du président Zelensky semblant renoncer à l’intégration dans l’Otan pouvaient laisser espérer une possibilité d’accord entre les deux belligérants. En effet, le chef de l’Etat ukrainien avait semblé faire un pas important en direction des Russes en estimant qu’il fallait « reconnaître que son pays ne rejoindrait jamais l’Alliance atlantique ». Une déclaration très importante sachant que Moscou considère l’Otan comme une menace directe pour sa sécurité et sa souveraineté. Hélas, tout semble désormais à refaire pour les négociateurs des deux parties. Le président ukrainien aurait-il reçu des assurances de soutien voire des encouragements à la « fermeté » de la part de ses alliés, ce qui expliquerait ce qui semble être un revirement ?

Devant le Congrès américain

On peut légitiment se poser la question alors que Volodymyr Zelensky a été ovationné debout par le Congrès américain devant lequel il s’exprimait en visioconférence, exhortant son homologue américain Joe Biden à être le « leader de la paix » et réclamant une nouvelle fois l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de l’Ukraine alors même que le Kremlin a plusieurs fois affirmé qu’elle considérerait l’application d’une telle mesure par des pays étrangers comme un « acte de guerre ».

La tension et l’inquiétude sont donc à nouveau à leur comble et les bombardements se poursuivent sur les principales villes ukrainiennes, même si, fort heureusement, les négociations ne sont pas pour autant rompues.

Sur le front de la propagande et de l’hystérie médiatique antirusse tous azimuts, l’intensité ne diminue pas non plus. On apprenait ainsi notamment que, « s’il n’avait pas d’enfants », l’acteur et réalisateur Matthieu Kassovitz serait « en train de se battre pour défendre Kiev », et qu’il appréciait au plus haut point le « nationalisme dans le bon sens du terme » (sic) de ses amis ukrainiens. Heureusement pour le réalisateur du pensum anti-flics et antifrançais La Haine, le ridicule ne tue pas, mais le bellicisme imbécile des planqués de l’arrière peut, lui en revanche, avoir des conséquences tragiques et dramatiques.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 17 mars 2022