« Suspension » du passe vaccinal à 38 jours de l’élection – Les ficelles sont un peu grosses, Monsieur Macron !

On a beau s’être progressivement « habitué », au fil de ces cinq dernières années catastrophiques, à voir Emmanuel Macron manifester très régulièrement son mépris pour le peuple français, cette ultime et grossière tentative de manipulation opérée par le président sortant a tout de même de quoi nous laisser pantois, tant elle témoigne de l’ampleur de son cynisme et de sa forte propension à prendre nos compatriotes pour des imbéciles. En effet, après avoir largement dépossédé nos concitoyens de leurs libertés pendant plus de deux ans sous prétexte de lutte contre le Covid, le candidat à sa propre réélection ose maintenant se présenter comme leur libérateur en suspendant le passe vaccinal à un mois du premier tour de la présidentielle, et le jour même de l’annonce officielle de sa candidature !

« Il a utilisé la peur à des fins électoralistes »

C’est ainsi que, invité jeudi sur TF1, son Premier ministre Castex a annoncé la fin du port obligatoire du masque dans les lieux publics (sauf dans les transports en commun) ainsi que la « suspension » du passe vaccinal à partir du 14 mars. Une « libération » en réalité limitée puisque, ledit passe n’étant pas supprimé, il pourra être réactivé dès le lendemain de l’élection… D’autre part, le passe sanitaire restera, lui, obligatoire dans les établissements médicaux, tout comme la vaccination des soignants.

Une décision que Castex a évidemment tenté de justifier par « la nette amélioration de la situation sanitaire dans notre pays », mais sans convaincre. Car, non seulement celle-ci intervient à un mois de la présidentielle, mais, plus fort encore, le jour même où Macron publie dans la presse quotidienne régionale une « lettre aux Français » annonçant (enfin) sa candidature ! Cette grossière manœuvre électoraliste n’a bien sûr pas échappé à Marine Le Pen qui a estimé que l’annonce de Castex prouvait qu’« imposer ce dispositif était inutile et inefficace, mais aussi politiquement cynique ». Ni à Eric Zemmour qui a souligné qu’« en attendant l’entrée en campagne de Macron pour cette “suspension”, le gouvernement [prouvait] qu’il [avait] utilisé la peur à des fins électoralistes ».

Les Français au bord de la folie ?

Reste que, si l’on en croit un rapport publié mercredi par l’OMS, il était plus que temps de lever (au moins en partie) les restrictions imposées à nos compatriotes. En effet, selon ses auteurs, celles-ci, et plus généralement la pandémie, auraient provoqué au cours de la seule année 2020 un bond de plus de 27 % des cas de troubles dépressifs majeurs dans le monde. Notamment chez les femmes et les plus jeunes, qui ont tout particulièrement souffert psychologiquement de la crise et chez lesquels l’OMS a recensé un nombre beaucoup plus élevé de tentatives de suicide et de cas d’automutilation depuis le début de la pandémie et de la mise en œuvre des nombreuses restrictions sanitaires.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 4 mars 2022