Mais pourquoi ne parle-t-on plus du Covid ?

Il a disparu de l’actualité aussi vite qu’il était apparu. Après avoir tenu la tête d’affiche pendant deux longues années, le Covid s’est éclipsé. Progressivement au cours du mois de janvier et des premiers jours de février, puis complètement à partir de l’offensive russe en Ukraine. Mais pourquoi n’en parle-t-on plus ? La réponse se veut aussi logique qu’évidente : tout simplement parce que l’épidémie est sur le point de se terminer. CQFD ! Or, il n’en est rien pour l’instant. « On peut débattre de tout, sauf des chiffres », nous a enseigné le gouvernement. Alors parlons chiffres. Du 1er mars au 31 décembre 2020, le Covid aurait fait, selon les statistiques officielles, 64 632 décès, soit 211,11 morts quotidiens. Du 1er janvier au 31 décembre 2021, le nombre de victimes s’élèverait à 59 109, soit 161,94 par jour. Et du 1er janvier au 28 février 2022, 14 626 morts (7 190 en janvier et 7 436 en février), soit 247,89 morts par jour. En d’autres termes, plus personne ne parle du Covid à un moment où celui-ci n’a jamais causé autant de décès. Cette situation paradoxale contient deux enseignements.

Le premier démontre l’inutilité du pass vaccinal et de la « vaccination » elle-même. Avec ou sans pass, avec une population « vaccinée » ou non, la moyenne des décès quotidiens reste relativement stable, avec même une augmentation depuis deux mois. 138 367 décès depuis le 1er mars 2020, soit 189,54 par jour. Malgré un virus actuel nettement moins virulent que ceux d’origine, et le fait que les services de santé ont remédié à leur impréparation du printemps 2020, le nombre de décès ne diminue pas. Le virus existe et il continuera peut-être longtemps d’exister. « Le vaccin empêche les formes graves » claironnent, à l’unisson, le gouvernement et les médias depuis l’été dernier. C’est entendu ! Les malades meurent toujours autant, mais ils ont la satisfaction de mourir… sans forme grave.

Le second enseignement est que ce virus, bien réel et qui cause des morts, a pris une place disproportionnée dans nos vies uniquement parce que cela a été voulu. Et il suffit de ne plus en parler pour que chacun pense qu’il a disparu, alors qu’il est toujours là dans les mêmes proportions. Pendant pratiquement deux ans, la stratégie gouvernementale, relayée par les médias, a été celle de la psychose et de la terreur. A chaque instant, les Français devaient avoir peur de mourir du Covid. Du lundi au dimanche, matin, midi et soir, il a donc fait, sans relâche, la une de l’actualité. Reportages dans les hôpitaux. Chiffres alarmistes. Images bouleversantes. Commentaires catastrophistes. Statistiques mortifères. Rien n’a manqué à l’entreprise de sidération.

Et subitement, la stratégie a changé. Il faut désormais rassurer. Apercevoir la fin du tunnel. Tourner la page. Et parvenir à la conclusion : le gouvernement a vaincu le virus. Grâce à sa politique et aux efforts de chacun, et malgré la résistance de quelques non vaccinés, il en est venu à bout. Les mesures de restriction vont pouvoir être levées et les Français vont retrouver leur vie d’avant. Emmanuel Macron a gagné la guerre dont il avait parlé dans sa première allocution télévisée du printemps 2020. Au président sortant, la patrie reconnaissante ! Mais un nouveau danger a surgi. Il vient de Russie. A une nouvelle menace doit correspondre une nouvelle peur qui va maintenant occuper l’esprit des Français. Mais que ces derniers se rassurent. Comme pour le Covid, Emmanuel Macron est là pour les protéger. Une protection qui doit durer. D’où la nécessité de sa réélection !

Thierry Bouclier

Article paru dans Présent daté du 2 mars 2022