Procès de l’assassinat du Père Hamel – Des témoignages bouleversants et terriblement naïfs

Alors que le procès de l’assassinat du père Jacques Hamel par les islamo-terroristes Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean s’est ouvert lundi devant la cour d’assises spéciale de Paris (voir Présent daté du 16 février), plusieurs parties civiles ont raconté en détail, lors de l’audience de jeudi, les scènes abominables dont ils ont été les témoins et/ou les victimes le 26 juillet 2016 dans l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray. Des témoignages, bien sûr, on ne peut plus bouleversants, mais qui, hélas, ne sont pas non plus dénués d’une certaine naïveté à l’égard de ces terroristes musulmans qui incarnent pourtant le mal absolu.

« Satan, va-t-en ! »

Premier appelé à la barre jeudi matin, Guy Coponet, poignardé à quatre reprises et victime d’une tentative d’égorgement, a notamment décrit avec quelle hargne et quel acharnement les deux djihadistes s’en étaient pris au père Hamel et à lui. Ainsi, a rapporté ce vieux monsieur de 92 ans, ce matin-là, alors que la messe était sur le point de s’achever, Abdel Malik Petitjean et Adel Kermiche ont fait brutalement irruption dans l’église et ont pris en otages les quelques fidèles qui y assistaient. Après s’être confectionné de fausses ceintures explosives, ils ont alors collé une caméra dans les mains du vieil homme, l’ont fait monter sur l’estrade où se trouve l’autel et l’ont obligé à filmer. C’est là, a raconté Guy Coponet, qu’« ils ont commencé à mettre à genoux » le père Hamel et à le poignarder avec une hargne effrayante. Au bord des larmes, le vieux monsieur a poursuivi : « Ils l’ont traîné, il ne tenait plus debout […] tellement ils l’avaient massacré. Il s’est défendu comme il a pu, il repoussait de ses pieds le “meneur”. Pendant que l’autre s’approchait, il a dit, “Satan va-t’en !” » Mais les coups de couteau ont continué de pleuvoir, jusqu’à ce que le père Hamel ne montre plus signe de vie. C’est alors que l’un des deux djihadistes s’est tourné vers lui et lui a lancé : « C’est à toi maintenant » ! Ses tentatives pour raisonner ses bourreaux auront toutes été vaines : ivres de sang, les islamistes l’ont d’abord poignardé dans le dos, puis au bras, avant d’essayer finalement de l’égorger, puis de le jeter au sol comme un paquet. Très grièvement blessé, se vidant de son sang, Guy Coponet ne parviendra à s’en sortir qu’« en faisant le mort »…

« Vous n’aurez pas ma haine » ?

A la fois terrifiant et bouleversant, le témoignage de Guy Coponet aura eu aussi le mérite de rappeler à tous la réalité crue de l’islam radical. De montrer comment cette religion, par ses principes fondamentaux, et notamment son intolérance, enfante à la chaîne des bourreaux et des monstres en puissance. Et cependant, malgré toute l’empathie et le respect que nous éprouvons pour les parties civiles, on ne peut être qu’interloqué par la terrible naïveté qui accompagne leurs témoignages. Comment, en effet, ne pas être peiné de voir Guy Coponet se refuser à employer le mot de « terroristes » pour désigner ses bourreaux, et préférer parler d’eux comme de « lascars » qui se seraient fait « embobinés » ? Comment ne pas se désoler en entendant Roseline Hamel, après avoir confié à la cour jeudi après-midi l’immense souffrance qu’ont infligée à sa famille les assassins musulmans de son frère, lancer en direction du box des accusés : « Vous n’aurez pas ma haine » ? Comment, enfin, ne pas être atterré en entendant Mgr Lebrun, archevêque de Rouen, raconter, en larmes, ce jour où Roseline Hamel et la mère d’un des djihadistes sont « tombées dans les bras l’une de l’autre », et où la sœur du pauvre prêtre massacré a dit à la mère de son bourreau : « J’ai perdu mon frère dans des circonstances atroces, c’était mon frère et il était âgé, mais vous, vous avez perdu votre fils et il était jeune » ? Non, pas question ! En ce qui nous concerne, les islamistes et les djihadistes n’échapperont jamais à notre haine !

« Je me souviens aussi des klaxons de réjouissance »

Certains témoins, d’ailleurs, ont fait preuve de nettement moins de naïveté lors de leur passage devant la cour. Comme la courageuse Nicole Klein, préfet de la région Normandie au moment de l’attentat, qui est venue mercredi à la barre, en personne et sans protection, pour expliquer notamment : « Je me souviens aussi des klaxons de réjouissance le soir de l’attentat à Saint-Etienne. Suffisamment limités pour que certains disent que cela n’a pas existé… » C’est que, dans la France partiellement islamisée du Grand Remplacement, mieux vaut ne pas constater qu’un nombre considérable de musulmans dits « modérés » approuvent et cautionnent, en réalité, les crimes abominables commis par leurs frères djihadistes.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 18 février 2022