Agnès Buzyn : la légion du déshonneur

On a beau lire et relire les titres de la presse, on peine à y croire : Agnès Buzyn, l’ancien ministre de la santé d’Emmanuel Macron, a été décorée de la Légion d’honneur à l’occasion de la promotion du 1er janvier 2022, parmi 547 autres « personnalités » censées avoir contribué au « bien commun ». Impossible, face à une telle nouvelle, de ne pas hésiter entre le rire et les larmes, l’accablement et la colère, l’humiliation et la rage…

Oubliant toute décence, le chef de l’Etat a donc tenu à honorer et à récompenser un ministre démissionnaire en pleine crise sanitaire (en terme militaire, on appelle ça une désertion), mis en examen par la Cour de justice de la République (CJR) pour « mise en danger de la vie d’autrui » dans sa gestion de l’épidémie de Covid-19 et également placé sous statut de témoin assisté pour « abstention volontaire de combattre un sinistre ». L’ex-ministre avait en effet notamment reconnu avoir caché la réalité de l’ampleur de l’épidémie aux Français. Et c’est un tel personnage qui est aujourd’hui honoré par ce qui fut jadis la plus glorieuse décoration nationale et qui tend désormais à devenir le piteux hochet des copains et des coquins de l’oligarchie républicaine, récompensant les soumissions, les servilités et les complaisances de ceux-ci. Cette Légion d’honneur n’est ni plus ni moins qu’un crachat en plein visage pour tous les Français qui souffrent depuis maintenant plus de deux ans et voient leurs libertés se réduire chaque jour davantage du fait de la politique dite « sanitaire » d’un gouvernement de plus en plus tyrannique, arrogant et hors de tout contrôle.

Vives réactions

Cette annonce a suscité de légitimes réactions scandalisées des deux côtés de l’échiquier politique, au sein des dernières formations qui échappent encore au formatage macroniste.

Ainsi, Thierry Mariani, député européen et conseiller régional du Rassemblement national en PACA, a estimé qu’il s’agissait là d’une « provocation ». De son côté, Samuel Lafont, engagé aux côtés d’Eric Zemmour, s’est interrogé en ces termes sur Twitter : « C’est pour sa clairvoyance qu’Agnès Buzyn reçoit la Légion d’honneur, @EmmanuelMacron ? », tandis qu’Antoine Léaument, chargé de la communication numérique de Jean-Luc Mélenchon, jugeait pour sa part sur le même réseau social que « ça sent la fin de règne et les cadeaux pour les potos avant de quitter l’Elysée. Affligeant mais pas étonnant ». On pourra, hélas, contester cette dernière affirmation tant il semble que l’actuel locataire de l’Elysée a de très grandes chances d’être reconduit aux plus hautes fonctions par un électorat qui paraît paralysé et lobotomisé par la peur suscitée par la crise du Covid-19 et savamment entretenue par un gouvernement dont l’épouvantail épidémique est devenu le fonds de commerce. A moins d’un réveil, aussi massif que radical, démontrant que les Français n’ont pas appris à aimer leurs chaînes et ont encore d’autres ambitions que de se maintenir en vie le plus longtemps possible, quelles que soient les conditions d’une existence qui ne méritera plus le nom de vie.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 3 janvier 2022