Dissolution des Zouaves Paris : Darmanin croit « équilibrer » ses coups

Prenant prétexte de la participation (présumée) de plusieurs membres des Zouaves Paris aux bagarres provoquées par les nervis de SOS Racisme lors du récent meeting d’Eric Zemmour à Villepinte, le ministre de l’Intérieur a annoncé dimanche avoir engagé une procédure de dissolution à l’encontre de ce groupe dit « d’extrême droite ». Une annonce effectuée au moment même où Darmanin enclenchait la procédure de fermeture administrative de la grande mosquée de Beauvais, réputée pour ses prêches islamistes, et qui trahit la volonté évidente du ministre de donner l’impression d’« équilibrer » ses coups. Or, non seulement les milices d’extrême gauche échappent totalement à cette application du « en même temps » macronien, mais, en outre, on ne saurait mettre sur un pied d’égalité les agissements d’une « extrême droite » ne présentant aucun risque terroriste et un islamisme qui appelle, lui, ouvertement au djihad sur le sol français.

Bande de copains plutôt que « groupe terroriste »

Après Génération identitaire et l’Alvarium, les Zouaves Paris, qui ressemblent plus à une bande de copains qu’à un dangereux groupe terroriste, pourraient donc bien eux aussi faire les frais de l’obsession de Beauvau de traiter à égalité militants « d’extrême droite » (ou prétendus tels) et islamo-terroristes. Repérés d’abord lors des manifestations de Gilets jaunes, et accusés depuis d’avoir attaqué en juin 2020 un bar du XXe arrondissement de Paris qui servait de QG aux casseurs antifas, les Zouaves se voient notamment reprocher par le ministre de l’Intérieur de former « un groupe de personnes qui vient soit du GUD soit d’Action française, c’est-à-dire de mouvements d’ultradroite bien connus ». Un motif de dissolution jugé cependant plutôt « léger » par le politologue Jean-Yves Camus, qui a rappelé très justement qu’« on ne peut pas dissoudre un groupe au simple motif que certains de ses membres proviennent d’un autre groupe comme le GUD ou l’Action française qui n’ont par ailleurs, l’un comme l’autre, pas été dissous »…

Un honteux parallèle avec les islamistes

D’autre part, a souligné le directeur de l’Observatoire des radicalités politiques, si les Zouaves Paris utilisent « la violence de manière régulière pour arriver à leurs fins », ils ne constituent pas pour autant, loin de là, un groupe terroriste ! Autrement dit, la politique du ministre de l’Intérieur, qui consiste à réclamer systématiquement la dissolution d’un « groupe d’extrême droite », pour le faux motif que celui-ci constituerait une menace pour la sécurité de l’Etat et des Français, à chaque fois qu’il entend fermer (provisoirement) une mosquée dans laquelle les islamistes multiplient les appels aux meurtres et au djihad contre la France, est proprement scandaleuse. En outre, on soulignera que, contrairement encore aux islamistes, les militants dits « d’extrême droite » ne menacent pas non plus notre pays de sécession…

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 15 décembre 2021