Covid – Le « traitement miracle » rejeté par la Haute Autorité de santé

La Haute Autorité de santé (HAS) dit non au molnupiravir ! Présenté comme un remède miracle, l’antiviral anti-covid n’a pas passé avec succès les tests de l’autorité scientifique.

C’est un nouveau revers pour ne pas dire un gros « couac » pour le gouvernement dans sa gestion de la crise sanitaire, et notamment pour Olivier Véran qui expliquait le 25 novembre dernier qu’il fondait beaucoup d’espoir sur ce traitement.

En étant pris en phase précoce de la maladie, soit dans les cinq jours suivant la contamination, le molnupiravir devait limiter la multiplication du virus.

Après un premier test effectué sur 1 400 patients, qui donnait des résultats satisfaisants en diminuant de 50 % le risque de développer une forme grave du Covid, le second test réalisé sur un échantillon plus important a fait baisser ce chiffre à 30 %.

Cette baisse s’explique très simplement : dans un premier temps, les patients étaient sélectionnés et « triés sur le volet ». Les cas plus risqués sont arrivés dans un second temps, faisant baisser l’efficacité du traitement.

Cette décision de la HAS s’explique aussi parce que celle-ci estime qu’il existe des traitements plus efficaces, et plus précisément les traitements par anticorps monoclonaux. C’est le type de traitement qu’avait pris Donald Trump lorsqu’il avait été contaminé et dont l’efficacité est de 80 à 90 %.

Mais, si le Molnupiravir faisait rêver, c’est parce qu’il présente des avantages importants. Il peut en effet être pris par voie orale, ce qui lui aurait permis d’être prescrit par les médecins et d’être disponible dans les pharmacies, contrairement aux autres traitements qui nécessitent une hospitalisation pour qu’ils soient administrés par voie intraveineuse ou voie intramusculaire. Ces traitements sont par ailleurs réservés aux cas les plus graves.

Le molnupiravir avait également l’avantage d’être actif malgré les variations et les mutations de la protéine Spike. En d’autres termes, il n’est pas sensible aux variants.

Comme c’est le cas depuis près de deux ans, le gouvernement s’est emballé et a agi dans la panique. La France avait ainsi d’ores et déjà précommandé 50 000 doses pour la bagatelle de 35 millions d’euros. A priori, la nature du contrat prévoyait toutefois un déclenchement des commandes uniquement en cas d’autorisation précoce de déploiement du produit. La France ne devrait pour l’heure pas perdre d’argent dans cette affaire.

L’on peut toutefois légitimement se demander comment le gouvernement a pu commander un produit et en faire la promotion sans être sûr de son efficacité. En allant plus loin, on peut se demander si la démarche fut aussi peu rigoureuse vis-à-vis des vaccins. Le fait que les vaccins aient été mis en circulation avant l’obtention des résultats de la phase trois des tests semble répondre à cette question…

Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 13 décembre 2021