La remigration, c’est possible !

Dans le numéro 71 de la revue Réfléchir & Agir, un article est consacré à la question de la faisabilité de la remigration. S’appuyant sur des exemples historiques, ce texte montre que l’expulsion d’un nombre important d’extra-européens n’est pas aussi impossible que certains semblent le penser. Le sujet est évidemment éminemment complexe et cet article ne règle pas de nombreuses problématiques inhérentes à la remigration mais il nous a semblé intéressant de le partager.

La remigration, précédents historiques depuis 1914

Le XXe siècle a largement été un siècle de remigrations, aussi bien échanges forcés de populations en vue d’assurer une certaine forme d’homogénéité raciale, ethnique ou religieuse, qu’expulsions vers leurs pays d’origine (réels ou mythiques) de populations parfois installées sur place depuis des siècles.

Dans tous les cas, les dynamiques de remigration possèdent trois caractéristiques communes : un changement démographique structurel de masse (en nombre ou en pourcentage), un déroulement rapide et systématique des opérations, et un état de fait irréversible sur le terrain.

Les remigrations au XXe siècle ont constitué un phénomène démographique assimilable à une sorte de dynamique de flux et de reflux de populations, en fonction des cycles de puissance et de faiblesse des entités politiques dirigeant les territoires concernés. Elles ont concerné une grande partie du globe, en plusieurs séquences historiques successives.

Les remigrations dans l’Europe

Sorte de répétition générale de ce que l’historien Ernst Nolte appelait la « Deuxième Guerre de Trente Ans » européenne (1914-1945), 50 000 Bulgares sont expulsés de Macédoine et de Thrace orientale en 1913, à l’issue de la Deuxième guerre balkanique lorsque Grecs, Roumains et Serbes disputent aux Bulgares les dépouilles européennes de l’Empire ottoman vaincu l’année précédente lors de la Première guerre balkanique.

Après la Première Guerre mondiale, la guerre reprend entre la Grèce et la Turquie de Mustafa Kemal. En 1923, les Turcs victorieux regagnent au Traité de Lausanne les territoires d’Asie Mineure cédés aux Grecs en 1920. Ils organisent alors une remigration/expulsion massive de Grecs (installés sur place depuis 2600 ans) vers la Grèce : 1,5 million de Grecs sont expulsés tandis que fuyant prudemment les représailles, 500 000 Turcs quittent la Macédoine et l’Épire pour se réfugier en Turquie. C’est la « Grande Catastrophe » …

Après la Seconde Guerre mondiale, c’est au tour d’autres vaincus de subir l’expulsion : dans le Gôtterdämmerung, 14 millions d’Allemands sont expulsés d’Europe centrale par les autorités slavo-communistes soviétiques, polonaises, tchécoslovaques et yougoslaves. La revanche des Slaves sur les Germains… Au moins 2 millions de ces Allemands meurent sur les routes, harcelés par les populations slaves qui les remplacent dans des territoires de l’Est conquis depuis le Moyen Âge par le glaive germanique. De même, 420 000 Finlandais sont expulsés de Carélie par les Soviétiques, et se replient vers la Finlande, en 1945…

Enfin, les deux séquences de recomposition de l’espace post-communiste est-européen, constituent les derniers grands épisodes de remigration en Europe. Après l’effondrement soviétique en 1991, sur les 25 millions de Russes ethniques qui vivaient dans les autres républiques, une dizaine de millions (les « pieds-rouges ») sont contraints d’évacuer les Républiques musulmanes d’Asie centrale (Kazakhstan, Ouzbékistan, Turkménistan…) et de se réfugier en Russie même, victimes de l’intolérance des populations locales, turcophones et musulmanes ; tandis que les trois guerres yougoslaves (de 1990 à 1999) sont marquées par des nettoyages ethniques entre populations serbes, croates, bosniaques ou albanaises : en 10 ans, au moins 2,5 millions de personnes sont expulsées définitivement des zones de guerre.

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