Manifestations et émeutes – Contre la dictature sanitaire en Europe

A partir de cette semaine en Autriche, ce ne sont plus seulement les non-vaccinés qui sont confinés mais toute la population. Le confinement des seuls non-vaccinés n’aura donc duré qu’une semaine, et l’emballement des décisions du gouvernement du chancelier Schallenberg aura gonflé la manifestation organisée par le parti national-conservateur FPÖ samedi à Vienne. Avec quelque part entre 50 000 et 100 000 manifestants (35 000 selon la police), c’est la plus grosse manifestation de ce type depuis le début de la pandémie. Il faut dire que, en plus du confinement, le gouvernement autrichien est le premier gouvernement européen à décréter la vaccination obligatoire pour tous. Après le 1er février prochain, toute personne non vaccinée contre le Covid-19 à l’aide d’un des produits non éthiques actuellement autorisés dans l’UE sera passible d’une gigantesque amende de 3 600 euros, ou « seulement » 1 400 euros s’il ne lui manque que la troisième dose. Ce sont en tout cas les montants inscrits dans un projet de loi préparé par le ministère autrichien de la Santé.

Aux Pays-Bas, les nouvelles restrictions sanitaires annoncées par le gouvernement de Mark Rutte ont provoqué une troisième soirée consécutive d’émeutes dimanche. Des manifestations et émeutes ont eu lieu dans plusieurs grandes villes du pays. Samedi, cinq policiers avaient été blessés dans les affrontements avec les protestataires à La Haye, après une nuit de chaos à Rotterdam où plusieurs personnes ont été blessées par des tirs de la police à balles réelles et où le maire Ahmed Aboutaleb a évoqué une « orgie de violence ». Selon la police, « des coups de semonce ont été tirés à plusieurs reprises. A un moment donné, la situation est devenue si dangereuse que les agents se sont sentis obligés de tirer sur des cibles ». Le 12 novembre, le « libéral » Rutte avait annoncé le retour d’un confinement partiel, avec fermeture des bars, restaurants et magasins essentiels après 20 heures et des magasins non essentiels à 18 heures, histoire sans doute qu’un plus grand nombre de gens s’amassent dans ces magasins avant l’heure de fermeture et aggravent l’épidémie, de manière à justifier les prochaines mesures liberticides. Et pour verser encore un peu d’huile sur le feu, le gouvernement néerlandais a annoncé la mise en place prochaine d’un régime de ségrégation à l’encontre des personnes non vaccinées contre le Covid, sur le modèle français, même si l’on sait que les vaccinés transmettent également le virus.

Dans la capitale belge aussi, la manifestation contre les restrictions sanitaires qui a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes dimanche a viré à l’émeute. Les manifestants étaient venus protester contre le passe sanitaire et les discriminations liberticides et antidémocratiques que ce dispositif entraîne. Comme dans les Pays-Bas voisins, les canons à eau ont été déployés et il y a eu plusieurs blessés, dont quelques policiers.

Des manifestations ont encore eu lieu en Italie, où le gouvernement a décrété des restrictions contre le droit de manifester des anti-passe sanitaire, les excluant du centre des villes et les condamnant à des rassemblements statiques, sans que Bruxelles ne s’émeuve de ces violations graves de l’ordre démocratique puisqu’il ne s’agit pas de la Pologne ou de la Hongrie. Des citoyens sont encore descendus dans la rue en Suisse, au Danemark et en Croatie pour protester contre la suspension de leurs droits civiques par des gouvernements décidément peu respectueux de la démocratie et de l’état de droit, même s’ils ont très souvent ces mots à la bouche quand il s’agit de donner des leçons de morale aux autres.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 22 novembre 2021