Le sanitairement correct s’égare à chasser les non-vaccinés

Le sanitairement correct, qui rêve d’une vie aseptisée, use de tous les mensonges pour imposer sa tyrannie des bons anticorps. Il est prêt à prendre la relève du politiquement correct, ce robinet d’eau tiède qui a voulu faire croire en une société apaisée et consensuelle. Or les mêmes désinformations, qui font s’effondrer cette idéologie des bons sentiments, sont reprises par les fanatiques de l’hygiénisme en tout. Dimanche soir, lors du débat sur BFMTV entre les prétendants LR à la candidature, Valérie Pécresse et Xavier Bertrand n’ont pas exclu de faire peser sur les non-vaccinés un possible reconfinement en cas de relance de l’épidémie de Covid. Déjà, le 7 juillet, Bertrand avait déclaré, parlant d’eux : « S’ils font le choix de ne pas se faire vacciner alors ils doivent savoir qu’ils n’auront pas les mêmes libertés que les autres ». Le 12 juillet, Emmanuel Macron avait soutenu cette même ségrégation sanitaire, en faisant de la vaccination un acte de « civisme ». Or ces nouveaux idéologues de l’homme sain, aveuglés par leurs certitudes, ne voient rien des effets contestables de leur politique. Plutôt que de s’interroger sur l’efficacité de la vaccination massive, qui n’arrive pas à venir à bout de l’épidémie, ils préfèrent accuser ceux qui doutent ou contestent leurs choix. Ainsi font les vendeurs d’orviétan.

Rien n’ébranle les convictions des docteurs Folamour. Ils voient la France comme un grand hôpital empli de patients terrorisés et dociles. Il est inutile de leur faire valoir que le tabac ou l’alcool tuent 7 fois plus que le Covid , ou que ceux qui en sont atteints n’ont que 0,5% de risque d’en mourir (0,1% pour la grippe). Les imprécateurs ne sont même pas capables de se relire. Le 12 juillet, Macron assurait, reprenant les arguments des fabricants de ces produits expérimentaux : « Tous les vaccins disponibles en France nous protègent solidement contre ce variant Delta : ils divisent par 12 son pouvoir de contamination et évitent 95% des formes graves. L’équation est simple : plus nous vaccinerons, moins nous laisserons d’espace au virus pour se diffuser, plus nous éviterons les hospitalisations ». En réalité, il est admis aujourd’hui que ces vaccins ne protègent, au mieux, qu’à 50 % même s’ils semblent en effet efficaces pour les cas les plus graves.

Il n’empêche : pousser à la vaccination, sans tenir compte non plus des cas d’effets secondaires de plus en plus nombreux, relève du discours automatique. D’autant que l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation a démoli la dramatisation officielle de l’épidémie en faisant remarquer qu’en 2020 les patients Covid ont représenté 2% des hospitalisés et 5% en soins critiques. Ce lundi, les enfants des écoles primaires doivent reporter leur masque, dans une obligation anxiogène qui laissera des traces psychologiques. Ceux qui avaient cru en la parole donnée – la suspension du passe sanitaire ce 15 novembre – savent désormais que la machine hygiéniste ne s’arrêtera plus. Tant que les Français laisseront faire…

Ivan Rioufol

Texte daté du 15 novembre 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol