3e dose, 4e confinement – Qui arrêtera le docteur Knock ?

Elle arrive, la troisième dose de vaccin ! Pour les plus vieux, pour les plus jeunes, pour les « comorbides ». La boîte à piqûres des docteurs Knock et Diafoirus a été ouverte en 2020, et n’est pas près de se refermer, sous la menace d’un quatrième confinement. Qui peut mettre un terme au toujours plus médical, qui peut oser nous dire simplement : on ne sait pas, on cherche, on tente, au lieu d’asséner de nouvelles règles, sous la contrainte ?

La surenchère médicale brouille les messages. Les deux piqûres vaccinales nous avaient été présentées comme la solution, la planche de salut. Mais voilà qu’elles s’avèrent insuffisantes, voire inopérantes dans certains cas. Du coup nous est annoncée une troisième dose, du moins pour les plus de 65 ans, et aussi pour les enfants, nouvelle cible du virus.

Compte tenu des innombrables situations de conflit d’intérêts entre politiques, experts scientifiques et haute administration, on ne pourra pas empêcher une partie des Français d’imaginer qu’un booster, un nouveau levier de croissance commerciale, a été sciemment mis en action au profit de l’industrie pharmaceutique. Pourtant il est probable que cette théorie, pour séduisante qu’elle soit, soit fausse. Ce ne sont pas les laboratoires qui poussent à la roue. Ou plus exactement ce ne sont pas eux qui peuvent infléchir la politique gouvernementale sur ce point, ce sont bel et bien les politiques, les hommes du pouvoir actuel. Certains tentent même d’attirer la lumière sur eux, en prenant de vitesse les experts, en tirant parti de la grande peur virale.

Nous en avons encore eu un exemple cette semaine : la Haute Autorité de santé a officiellement préconisé mardi une troisième dose, en ciblant les plus de 65 ans, mais dès lundi soir le ministre de la santé Véran, pourtant très décrédibilisé (ou parce qu’il se sait contesté), n’a pu s’empêcher de court-circuiter l’HAS, pour être le premier à annoncer cette mesure aux Français, sur BFM TV, principal média privé de relais de la parole gouvernementale.

Véran s’en prend à Philippot

En fait l’industrie pharmaceutique est à la remorque des politiques et pas le contraire puisque, à tout moment, les politiques peuvent couper ou réduire le robinet qui relie la Sécurité sociale aux entreprises du secteur pharmaceutique.

Annonçant cette troisième dose, Véran s’en est pris à ceux qui instrumentalisent la peur du virus : « Quand vous n’avez de cesse de souffler sur les braises pour essayer de faire monter la peur, la crainte et d’essayer de faire monter l’animosité et la tension dans la société, ce n’est pas responsable. » Sans doute visait-il Philippot et quelques autres. Mais lui-même fait en premier chef partie de ceux qui alimentent la grande peur.

Cette troisième dose annoncée pourrait être couplée avec la vaccination antigrippe, ce qui serait un moindre mal. Le vaccin contre la grippe saisonnière n’est pas obligatoire, mais il est encouragé, chaque année avant l’hiver, par des méthodes non coercitives et non discriminantes, et il a prouvé son utilité.

La troisième dose concernerait donc les plus de 65 ans (au lieu des plus de 80 ans, comme envisagé) ; cette dose serait à recevoir au moins six mois après la deuxième, et la mesure serait ensuite étendue aux enfants, mais pas avant 2022.

Un épidémiologiste expliquait néanmoins lundi sur France Inter (autre radio gouvernementale) que, face au virus, « personne n’a de recette miracle ». Un relativisme et une modestie que ferait bien de s’appliquer notre « élite » politique.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 25 août 2021