Pourquoi la politique sanitaire est critiquable, par Ivan Rioufol

Le plus commode, pour imposer un comportement, est de diaboliser le gêneur. Le procédé rudimentaire est appliqué, depuis le 12 juillet, par l’État hygiéniste et ses rabatteurs, unis pour promouvoir la nouvelle politique sanitaire et son laissez-passer. Les foules qui, depuis, protestent chaque samedi (et en plein mois d’août!) contre des libertés maltraitées sont réduites par le pouvoir à «un magma d’antivax, d’anti-sciences, d’anti-État» (Olivier Véran). Les insultes les plus basses sont reprises par le panurgisme médiatique et une intelligentsia incapable de cacher sa répugnance pour ce qui vient d’en bas. C’est pourtant Emmanuel Macron qui avait soutenu, le 29 avril: «Le passe sanitaire ne sera jamais un droit d’accès qui différencie les Français.» Le ministre de la Santé avait renchéri le 3 juin: «Je suis contre le passe sanitaire dans les restos (…). L’idée n’est pas de fliquer les gens.» Le crépuscule des «élites» les rend féroces.

La dépolitisation apparente de la stratégie gouvernementale, réduite par le chef de l’État à une sacralisation de la santé, est soutenue par les sondages. Cependant, cette nationalisation de la vie nue, qui serait à protéger coûte que coûte par l’État-mamma, peut aussi être vue comme une régression démocratique. La quête du risque zéro porte en elle une société de défiance et de repli, construite sur la paranoïa.

L’Autre, béatifié par le conformisme s’il s’agit de l’étranger à accueillir, devient un pestiféré quand le voisin est à surveiller et à dénoncer s’il n’est pas vacciné contre le Covid. «Liberté, égalité, fraternité» est une devise piétinée par ce passe sanitaire: il impose une ségrégation au paria qui le rejette, comme votre serviteur. Il est vrai qu’un «tsunami viral» avait été annoncé le 18 juillet par Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement. Or cette communication hystérique s’est révélée disproportionnée. Accepter cette instrumentalisation de la peur?

L’indigence est chez l’élite qui lynche: elle croit briller en daubant une révolte qu’elle n’a pas vu venir.

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