Le pape pontifie – Se vacciner est-il un acte d’amour ?

Comment ne pas se montrer dubitatif face à la nature et à la hiérarchie des préoccupations du Saint-Père ?

En effet, entre deux attaques contre la messe traditionnelle, le pape François a cru bon de déclarer que se faire vacciner contre le Covid-19 était « un acte d’amour » et a appelé tous les croyants à se faire injecter le sérum miraculeux dans un message vidéo réalisé au nom de l’organisation américaine The Ad Council, et du regroupement d’experts en santé publique, Covid Collaborative.

« La vaccination est un moyen simple mais profond de promouvoir le bien commun et de prendre soin les uns des autres, en particulier des plus vulnérables. Je prie Dieu pour que chacun puisse apporter son petit grain de sable, son petit geste d’amour » a ainsi affirmé le pape.

Si le pape François, lui-même vacciné, a toujours été un grand promoteur de la vaccination, assimilant même toute opposition à celle-ci à un « négationnisme suicidaire », cette nouvelle exhortation emphatique ne lasse pas de créer un certain malaise, voire de choquer.

En effet, sans bien sûr douter de la grande culture et des larges connaissances du Saint-Père et de son entourage vaticanesque, on peut toutefois se demander en quoi le chef de l’Eglise catholique est fondé et légitime à déterminer de l’utilité et de l’efficience d’un produit pharmaceutique expérimental ? Encore une fois, le successeur de saint Pierre semble sortir de son champ de compétences et même de son rôle pour se muer étrangement en VRP de l’industrie du médicament.

Ecartant d’un revers de main toutes les questions éthiques posées par l’utilisation de vaccins dont certains sont élaborés grâce à l’utilisation de fœtus, le pape François, une fois de plus, se borne à relayer la doxa dominante en tenant un discours qui semble copié sur le dernier communiqué de presse de Gabriel Attal, le sentimentalisme sulpicien en plus.

Par ailleurs, on peut également s’interroger sur cette notion d’« acte d’amour » que serait la vaccination alors que la grande majorité de ceux qui s’y soumettent le font au contraire par égoïsme petit-bourgeois, pour retrouver leur vie de consommateur « d’avant », pouvoir retourner au bistrot et au restaurant et ne pas être gênés pour accéder aux clubs de vacances et aux grands centres commerciaux.

A l’heure de la déchristianisation de l’Europe, de l’implosion de la famille, de l’agression impérialiste islamiste, de la dégénérescence des mœurs et de la folie eugéniste et transhumaniste, on souhaiterait vivement que le Saint-Père se concentre sur ces problématiques vitales et privilégie sa tâche première qu’est la défense de l’Eglise et de la foi plutôt que d’intervenir de façon toujours plus intempestive dans les questions séculaires qui ne sont pas de son ressort. Il faut rendre à César…

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 20 août 2021