Manifestations contre la ségrégation vaccinale en Europe

La France est en tête de la ségrégation vaccinale en Europe et c’est là que les manifestations contre ce nouveau type d’apartheid sont les plus massives. Parmi les autres grands pays de l’UE, seule l’Italie a pour le moment suivi l’exemple de la France avec un passe sanitaire affublé de l’appellation anglaise « green pass » qui est nécessaire pour accéder à toutes sortes de services. Et c’est donc en Italie que des manifestations ont lieu le plus régulièrement pour protester contre cette ségrégation que les politiciens locaux n’arrivent pas non plus à justifier de manière logique et cohérente puisque les vaccins contre le Covid-19 ne sont pas tant supposés empêcher de contracter et transmettre le coronavirus chinois et ses variants mondiaux que de prévenir les formes graves de la maladie.

La Ligue de Salvini participant au gouvernement Draghi, c’est le parti Fratelli d’Italia de Meloni qui est le plus important instigateur de ces manifestations aux côtés de différents mouvements citoyens, même si des responsables de la Ligue y participent aussi. Le mouvement dure depuis le mois de juillet, quand ce « green pass » a été annoncé, et celui-ci étant entré en vigueur le 6 août, le samedi 7 août avaient lieu de nouvelles manifestations dans toute l’Italie pour défendre les libertés. Comme en France, certains manifestants comparent la ségrégation et le discours des politiques et des médias contre les non-vaccinés à l’ancienne rhétorique anti-juive. Toujours comme en France, ces comparaisons de type « point Godwin » sont le plus vigoureusement condamnées par la gauche qui souhaiterait en conserver le monopole. Si les manifestations sont nombreuses et fréquentes en Italie, elles n’ont toutefois pas un caractère massif puisqu’elles rassemblent généralement entre quelques centaines et quelques milliers de manifestants.

Dans le reste du monde

Le 24 juillet, d’importantes manifestations contre le passeport vaccinal et les restrictions sanitaires abusives avaient également lieu à Londres et à Dublin dans le cadre du Worldwide Rally for Freedom (Rassemblement mondial pour la liberté). Ce jour-là, des gens manifestaient pour les libertés, y compris pour la liberté de choix en matière de santé, au Royaume-Uni, en Irlande, en France, en Allemagne, en Grèce, en Lituanie, en Slovaquie, en Finlande, aux Etats-Unis, au Canada, en Australie, au Japon, en Afrique du Sud et dans plusieurs autres pays. Le prochain mouvement mondial de manifestations est prévu pour le 18 septembre prochain dans plus de 200 villes du monde entier. Le 1er août, une manifestation avait à nouveau lieu à Berlin en dépit de son interdiction. En Allemagne, c’est le mouvement Querdenker (« penseurs latéraux »), créé pour l’occasion, qui est le principal instigateur d’un mouvement de protestation également soutenu par le parti de droite Alternative pour l’Allemagne (AfD).

Plus à l’est, la Lituanie et la Slovaquie ont introduit des mesures de ségrégation vaccinale qui ont suscité un fort mouvement de contestation, avec en particulier de véritables émeutes devant le parlement lituanien à Vilnius le mardi 10 août dans la soirée. En Pologne, où les autorités parlent de plus en plus ouvertement de la possibilité d’adopter des mesures discriminatoires à l’égard des non-vaccinés, une grande manifestation préventive avait lieu à Katowice, la capitale de la région de Basse-Silésie, le samedi 7 août.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 16 août 2021