A qui profite la dramatisation autour de la crise sanitaire?

L’épidémie de covid 19 et sa quatrième vague sont à l’origine d’une sorte de névrose médiatico-nationale. Les médias radio-télé procèdent à un matraquage intense, à chaque jour ses statistiques, ses déclarations et annonces fracassantes dont le caractère monstrueux sur le plan du respect des droits de la personne ne sert qu’à amplifier le désordre mental et la panique d’une société.

Un climat de terreur règne de nouveau sur ce pays comme à la veille d’une épidémie de peste bubonique qui s’apprêterait à emporter un tiers de la population. Et cette campagne de terreur qui s’enracine sur la crédulité et la lâcheté naturelle d’une partie (une partie seulement) de la population fonctionne plutôt bien. Les nouvelles rassurantes sont savamment occultées par la propagande politico-médiatique. La vérité, c’est qu’on ne meurt presque pas du variant delta selon les statistiques officielles (au Royaume-Uni comme en France). La vérité, c’est que la quasi totalité de personnes à risques sont (en principe) protégées par le vaccin. La vérité, c’est qu’au Royaume Uni, la courbe des contaminés au variant delta (dont l’explosion au printemps fut à la source du mouvement de panique français) est en chute libre depuis quelques jours. Qui nous dit ces informations contraires à la dramatisation ambiante? Personne. Silence: une censure de fait écrase toute nouvelle positive.

La peur autour du covid 19 en France comme ailleurs en Europe a un sens: elle sert à couvrir les immenses problèmes du pays dont plus personne ne parle. Extrait du Figaro de ce matin: « Les atteintes à l’intégrité physique, majoritairement des coups et blessures volontaires, n’ont jamais été aussi nombreuses. Avec plus de 350.000 agressions constatées en six mois [2021] contre 300.000 au premier semestre 2020 et 320.000 sur la même période de 2019. » On pourrait parler aussi des chiffres vertigineux du chômage (4 à 6 millions de chômeurs), du déclin dramatique du niveau scolaire (chute de la France dans le classement PISA, dernier rang de l’OCDE en mathématiques), des 10 millions de « pauvres » selon l’INSEE, de l’explosion de la dette publique à 120% du PIB (les impôts futurs de nos enfants), du déficit public de 10% du PIB, de la poursuite de la crise migratoire, etc… Mais tous ces graves sujets qui engagent l’avenir sont désormais passés sous silence. Ils le sont plus particulièrement à la veille de l’année électorale. A qui profite la grande névrose nationale? A ceux qui l’entretiennent cyniquement au jour le jour pour détourner les regards de leur faillite.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet