#NosViesComptent : Attentats islamistes – Cachez ces crimes que je ne saurais voir !

Alors qu’il ne s’est toujours pas déclaré candidat à la prochaine présidentielle, Eric Zemmour est actuellement l’objet d’une intensive campagne de promotion réalisée par divers groupes plus ou moins officiels. L’un d’entre eux, Génération Z, diffuse sur les réseaux sociaux des photos des victimes des attentats du 13 novembre afin de dénoncer le fanatisme islamique auquel une candidature du journaliste serait censée s’opposer. Ce mouvement utilise ces photos depuis quelques jours avec le hashtag #NosViesComptent.

Cette communication choc n’est pas du goût de tout le monde et une association, « 13onze15 Fraternité Vérité » a annoncé qu’elle allait déposer plainte contre X, déplorant « une utilisation dégoûtante et révoltante des attentats et de la douleur des familles » comme l’a affirmé le président de l’association, Philippe Duperron, qui a lui-même perdu son fils au Bataclan. Le motif de la plainte est la diffusion d’images personnelles et l’incitation à la haine. Si le premier motif semble recevable, le second laisse plus que songeur… En effet, en quoi le rappel des crimes des fous d’Allah serait-il une incitation à la haine ? La réalité est-elle devenue un motif de condamnation ? En effet, on peut tout à fait contester l’opportunité de l’utilisation de ce genre de photos à des fins politiques, on peut même trouver cela fortement déplacé, mais vouloir criminaliser la diffusion d’images tout à fait véridiques, ni retouchées ni falsifiées, apparaît comme une dérive inquiétante et une nouvelle atteinte à la liberté d’expression. D’autant plus que le camp progressiste et immigrationniste ne se gêne pas, lui, pour exhiber des photos choquantes et « instrumentaliser le malheur » à des fins idéologiques. On pense évidemment à la terrible photo (mise en scène d’ailleurs) du corps du petit Aylan, 3 ans, mort sur une plage turque, largement diffusée dans les médias militant pour l’accueil inconditionnel des vagues migratoires. Les grands moralistes de Libé en avaient même fait leur une, sans que cela ne semble déranger personne et sans qu’aucune poursuite judiciaire ne soit envisagée.

Cette affaire est bien entendu à rapprocher des invraisemblables poursuites engagées, à la demande de ministre de l’Intérieur de l’époque Bernard Cazeneuve, contre Marine Le Pen et Gilbert Collard pour avoir, en 2015, eux aussi diffusés des photos des massacres commis par l’organisation Etat islamique (EI) en réponse à l’islamologue Gilles Kepel qui avait osé comparer le FN à Daech au micro de Jean-Jacques Bourdin. Les deux membres du RN avaient toutefois fini par être relaxés, le tribunal admettant qu’il s’agissait d’une « démarche de protestation politique ».

Car non, en effet, montrer la réalité de la barbarie islamiste qui frappe régulièrement la France depuis plusieurs années n’est pas – ne peut pas être – un délit.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 23 juillet 2021