Tyrannie sanitaire : les protestations se multiplient

Si des millions de Français se précipitent actuellement sur les rendez-vous de vaccination, sans doute en grande partie pour tenter de sauver leurs vacances estivales, un certain nombre de voix s’élèvent par ailleurs, dans différents milieux, pour critiquer et dénoncer les mesures liberticides annoncées par le président Emmanuel Macron.

Ce sont d’abord les professionnels des secteurs les plus concernés qui s’inquiètent de la mise en œuvre du dispositif macronien et de répercussions économiques de celui-ci. En attendant les futurs décrets d’application, l’hôtellerie-restauration « panique », selon les mots d’Hubert Jan, le président de la branche restauration de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH), face à ce nouveau coup dur pour leur activité. Dès le mois d’août, si le calendrier présidentiel est tenu, les restaurateurs et bistrotiers devront se muer en flics et en vigiles pour exiger de tous leurs clients (et de leurs salariés) qu’ils aient un pass sanitaire en règle. Une situation « ingérable et intenable » pour de nombreux professionnels qui prédisent à la fois une nouvelle baisse de fréquentation et une multiplication des incidents. Pour des métiers déjà sinistrés par les confinements successifs, les annonces d’Emmanuel Macron sont incontestablement une très mauvaise nouvelle qui condamne leur saison si un report de leur application n’est pas obtenu.

Du côté des milieux culturels, c’est la même stupeur et la même inquiétude. A peine rouverts, cinémas et théâtres se voient contraient de faire le tri parmi les spectateurs qui commençaient à peine à retrouver le chemin de leurs établissements. Le tout, comme d’habitude, dans la rapidité et l’urgence la plus extrême puisqu’ils sont censés mettre en place les nouveaux dispositifs dès la fin du mois de juillet.

L’incompréhension et la sourde colère de ces professionnels sont également partagées et relayées par divers éditorialistes, comme Natacha Polony ou Mathieu Slama. La première dénonce, dans Marianne, le « ton martial » du président pour annoncer des décisions arbitraires, prises sans consultation des partis politiques ni du Parlement, qui vont aboutir à un véritable « enfer quotidien » pour nombre de Français. Le second estime, dans les colonnes du Figaro, que les nouvelles mesures sont « une aberration éthique, juridique et démocratique » et « une rupture fondamentale dans notre contrat social, fondé sur l’adhésion rationnelle du citoyen à l’intérêt général, son consentement libre et éclairé et l’égalité devant le droit ». On ne saurait mieux dire…

Il est malheureusement à craindre que ces protestations, si elles ne sont pas suivies de mobilisations sociales, juridiques, syndicales et populaires, soient insuffisantes pour infléchir la politique de coercition annoncée par un gouvernement qui semble bien décidé à faire du « non-vacciné » à la fois un paria et un bouc émissaire, responsable de tous les maux d’une crise sanitaire que l’exécutif a été incapable de gérer sans transformer le pays en une vaste prison à ciel ouvert.

Néanmoins, mercredi, 20 000 personnes environ sont descendues dans la rue, dans le cadre d’une cinquantaine de manifestations spontanées contre la dictature sanitaire. Des échauffourées ont été notées, à Paris et à Annecy.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 15 juillet 2021