Mélenchon, ou le complotisme décomplexé, par Ivan Rioufol

Le complotisme existe : il est à l’extrême gauche. Dimanche, sur France Inter, Jean-Luc Mélenchon a déclaré : « Vous verrez que lors de la dernière semaine de la campagne présidentielle, nous aurons un grave incident ou un meurtre. Cela a été Merah en 2012 ; cela a été l’attentat de dernière semaine sur les Champs Elysées. Avant, on avait eu papy Voise dont personne n’a jamais entendu parler après. Tout ça, c’est écrit d’avance. Nous aurons le petit personnage sorti du chapeau. Nous aurons l’événement gravissime qui va une fois de plus permettre de montrer du doigt les musulmans et d’inventer une guerre civile. Voilà, c’est bateau tout ça ! ».

Mohamed Merah est ce terroriste islamiste qui, en mars 2012, avait tué sept personnes dont des militaires et trois enfants juifs assassinés dans l’école Ozar Hatorah à Toulouse. Aucun des journalistes présents lors de cette sortie du leader de la France insoumise n’a jugé bon de le questionner sur son déni du djihad, mené par Merah au nom d’Al-Qaïda, ni sur la dimension antisémite de l’attentat. Ce refus de l’extrême gauche de reconnaître la responsabilité des fanatiques de l’islam dans les crimes qu’ils commettent au nom d’Allah est une forme de complicité. En choisissant de victimiser les musulmans plutôt de dénoncer des meurtres commis en leur nom, Mélenchon dévoile sa soumission à une idéologie conquérante, violente, totalitaire. II est le traître, évoqué dans mon dernier essai (Les Traîtres).

Ce complotisme chimiquement pur sera-t-il décortiqué par les médias moutonniers ? Peu probable : ils ne voient de manigances et de conspirations que chez ceux qui refusent les discours obligés du Système. Pour la meute à carte de presse (à carte de paresse, devrais-je écrire), le bon complotiste ne peut être que de droite ou d’extrême droite. L’Express de cette semaine consacre sa une à Philippe de Villiers, qualifié de « Meilleur complotiste de France ».

L’Express reproche notamment à l’essayiste à succès, créateur du Puy du Fou, de prévenir du risque d’un monde numérisé et totalitaire, tel qu’il en voit l’élaboration dans le livre de Klaus Schwab : « Covid-19 : La Grande réinitialisation ». Mais c’est bien le fondateur du sommet mondialiste de Davos qui écrit (page 278) : « Nous devons sans tarder mettre en route la Grande réinitialisation (…) La pandémie nous donne cette chance : elle représente une fenêtre d’opportunité rare mais étroite pour réfléchir, réimaginer et réinitialiser notre monde ».

En réalité, les accusations en complotisme sont généralement faites pour étouffer des opinions divergentes et imposer les oeillières. Les prétendus lanceurs d’alerte ne voient rien de l’inquiétante dérive de la gauche radicale, toute entière mobilisée dans un rapprochement avec l’islam, quitte à s’aveugler de ses folies guerrières. Mélenchon s’est déshonoré, mais les médias aussi.

Ivan Rioufol

Texte daté du 7 juin 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol