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Allemagne – Les « anti-masques » placés sous haute surveillance

S’il semble particulièrement doué en la matière, le gouvernement français est cependant loin d’être le seul à piétiner allègrement les libertés individuelles de ses citoyens et à faire preuve d’un incroyable autoritarisme sanitaire sous prétexte de lutte contre le Covid-19. Pour preuve, la récente et effarante décision de l’Office fédéral allemand de protection de la Constitution, autrement dit des services de renseignement intérieur teutons, de placer sous surveillance renforcée tous ceux qui osent contester le port du masque obligatoire, le confinement, le couvre-feu et autres innombrables mesures liberticides imposées par le pouvoir berlinois à l’occasion de la pandémie.

Une remise en cause des « principes constitutionnels essentiels » ?

Mercredi, en effet, le ministère allemand de l’Intérieur, n’ayant, semble-t-il, pas peur du ridicule, a expliqué : « Notre ordre démocratique fondamental, ainsi que les institutions de l’Etat telles que les parlements et les gouvernements, ont fait l’objet de multiples attaques depuis le début des mesures visant à contenir la pandémie de Covid-19. » Après quoi, le ministère a annoncé le placement sous la surveillance du renseignement intérieur des « groupes et individus » qui manifestent régulièrement dans le pays contre les restrictions sanitaires et remettent en cause les « principes constitutionnels essentiels » ! Le port du masque, la distanciation physique, le télétravail, ou encore le confinement, des « principes constitutionnels essentiels » ? On croit rêver…

« Complotisme » ou simple ras-le-bol ?

C’est que, comme son homologue français, le gouvernement de la chancelière Merkel a trouvé la parade pour discréditer et réduire au silence tous ceux qui osent critiquer sa gestion de la crise sanitaire ou en ont simplement assez des restrictions auxquelles ils sont soumis depuis plus d’un an : il les accuse directement de colporter « des mythes conspirationnistes », « des ressentiments antisémites », d’être des « adeptes de la secte QAnon », ou « des militants d’extrême droite », voire les quatre à la fois ! D’ailleurs, en annonçant mercredi la mise en place de cette surveillance renforcée d’une bonne partie du peuple allemand, le ministère de l’Intérieur ne s’est pas privé de faire le lien entre les milliers de manifestants qui se rassemblent régulièrement dans les grandes villes du pays pour dire leur ras-le-bol et « les extrémistes de droite » qui « instrumentalisent ces rassemblements pour susciter des échauffourées ». En effet, a-t-il insisté, « les organisateurs de ces manifestations montrent clairement que leur agenda va au-delà de la simple mobilisation pour protester contre les mesures restrictives ». Reste que, comme en France, il n’est pas du tout certain que le peuple allemand se laisse prendre à cette diabolisation systématique des opposants à la dictature sanitaire.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 29 avril 2021