Tariq Ramadan

Tariq Ramadan, chanteur présumé, par Francis Bergeron

Il nous aura tout fait, ce grand esprit qu’adorait Edgar Morin, qu’adorait une certaine gauche française, jusqu’à ce qu’on apprenne… Nous avons eu droit à ses prêches islamistes, qui l’ont imposé flatteusement dans le paysage médiatique français. Nous avons eu ensuite les révélations sur ses agressions sexuelles multiples. Nous allons maintenant avoir droit au poète et au chanteur. Un degré de plus dans l’horreur !

Le personnage est vraiment sans complexe. Il a connu la prison en 2018. Cinq femmes le poursuivent pour des viols avec violences, du harcèlement et de l’intimidation, actes commis en France et en Suisse. Mais rien n’arrête son dynamisme, sa foi dans son talent, dans sa capacité à apporter au monde « un vent de liberté », comme il le chante à présent. Il se présente comme un jeune résistant : « Votre ordre et vos frontières n’auront raison ni de notre jeunesse encore moins de la vie », formule qui n’est grammaticalement parlant pas très correcte. Quant à sa jeunesse, elle est toute relative puisqu’il est né en 1962.

L’album s’intitule Traversées et sortira le 29 mai. Ce ne sont pas à proprement parler des chansons, c’est du slam, c’est-à-dire des paroles qui riment plus ou moins, et qui sont récitées sur un fond musical.

L’intellectuel islamo-gauchiste s’essaie donc sur un nouveau registre, plus « artistique » que les viols en série.

En revanche les paroles restent sinistres. Son premier titre s’intitule « Qu’est-ce que vous croyez ? ». C’est un mélange de formules de haine contre la France, et de menaces contre les Français « de souche ».

Jugez-en, dans le premier morceau, on peut entendre :

« Cela fait des siècles que vous volez et mentez.

Vous seriez venus, dites-vous, pour nous civiliser.

Vous avez méprisé nos langues, nos cultures, nos religions,

humilié nos mémoires, souillé nos traditions »

Voilà pour sa vision de la France et de son histoire.

Les menaces sont dans le refrain :

« Attendez ! Mais qu’est-ce que vous croyez ?

Que l’on va rester là assis à vous regarder ?

Piller nos terres, nos richesses, nos minerais ?

Vous laisser tranquillement écrire l’histoire et la coloniser ?

Soit vous partagez, soit on se servira. »

Cela fait un moment que Tariq Ramadan se sert, il n’a pas attendu qu’on partage. En tout cas, les cinq femmes violées et battues n’avaient apparemment pas envie de partager quoi que ce soit avec lui…

« Vous avez peur ? Vous allez perdre vos privilèges et votre identité ?

La mixité serait donc votre perte

Et bientôt vous serez sauvagement remplacés ?

Dormez en paix, amis de l’égalité »

Ramadan nous présente cela comme de la « poésie mise en musique ». Bonjour, la poésie !

Mais au fond, ce que récite Ramadan, c’est ce que nous font déjà entendre certains rappeurs. Ramadan est peut-être allé un peu dans la proximité avec les islamistes, dans des pratiques « orientales » de domination de la femme. Comme pour la pédophilie, ce qui était admis par la mouvance progressiste devient tabou. Ramadan, pour ne pas en avoir pris conscience à temps, se retrouve un peu isolé.

« Malgré ces paroles qui cherchent à séduire les islamo-gauchistes, il sera très difficile pour lui de rebondir », estime l’écrivain Mohamed Sifaoui. C’est possible. Mais il est possible aussi que, dans certaines banlieues, des jeunes à petit cerveau trouvent dans ces « poésies mises en musique » comme un encouragement à certaines pratiques.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 9 avril 2021