L’ambolie vaccinale – La France suspend à son tour le vaccin AstraZeneca

Poussée par le nombre sans cesse grandissant de pays ayant décidé ces derniers jours de stopper provisoirement leurs injections de doses d’AstraZeneca et par le doute croissant quant à la dangerosité de ce vaccin, la France, emboîtant lundi le pas à l’Allemagne, a tout de même fini par annoncer sa décision de suspendre elle aussi ses injections. Cette suspension, décidée évidemment « par précaution », dans l’attente d’un avis de l’Agence européenne des médicaments, soit jusqu’à ce jeudi au plus tard, a quand même fait hurler les adeptes de la piqûre à tout prix, qui se plaignent aujourd’hui du retard que va entraîner cette décision dans la campagne de vaccination.

Le plus élémentaire principe de précaution

Pourtant, on ne peut guère accuser Macron d’avoir ici fait preuve de précipitation : alors que le Danemark, premier Etat à suspendre ses injections, rapportait dès le 11 mars « des cas graves de formation de caillots sanguins » chez des personnes vaccinées, et que l’Autriche signalait la mort de l’une de ses infirmières à la suite de « graves problèmes de coagulation sanguine » quelques jours à peine après avoir été vaccinée, il a en effet fallu attendre que près d’une douzaine de pays européens, et notamment l’Allemagne, suspendent leurs injections ou retirent un lot de ce vaccin de la circulation pour que le chef de l’Etat français se décide enfin à appliquer le plus élémentaire principe de précaution ! Une décision d’autant plus justifiée que, lundi encore, les pompiers des Bouches-du-Rhône annonçaient officiellement leur décision de suspendre la vaccination de leurs personnels après l’hospitalisation d’un de leurs collègues pour une arythmie cardiaque survenue 48 heures après la première injection d’AstraZeneca. D’autre part, si l’Agence nationale de sécurité du médicament ne fait aujourd’hui état que « de syndromes pseudo-grippaux » nullement inquiétants, elle recensait quand même, dans le 4e rapport de son « Enquête de pharmacovigilance du vaccin AstraZeneca », dix cas hématologiques, dont trois graves, dans le pays.

Vacciner à tout prix ?

Des motifs d’inquiétude qui, cependant, ne semblent pas peser bien lourd aux yeux des partisans de la vaccination à tout prix. A commencer par le Premier ministre lui-même, qui s’est empressé de déclarer sur Twitch dimanche : « A ce stade, il faut avoir confiance dans ce vaccin et se faire vacciner, je le dis de la façon la plus solennelle, sinon on aura des retards dans la vaccination, les Françaises et Français seront moins protégés et la crise sanitaire durera longtemps. » De façon tout aussi solennelle, Macron a donc suspendu les injections du même vaccin, moins de 24 heures après cette déclaration, ce qui illustre parfaitement la gestion, calamiteuse, qui est la nôtre depuis le début de la pandémie.

Ce refrain pour le moins catastrophiste – le vaccin ou l’apocalypse – avait pourtant été entonné en chœur depuis lundi par la plupart des médecins qui se bousculent sur les plateaux de télévision, et dont il serait au passage intéressant de connaître les liens avec l’industrie pharmaceutique… Mais aussi par la responsable scientifique de l’OMS, Soumya Swaminathan, qui, malgré la très vive inquiétude suscitée par les effets secondaires de ce vaccin, a quand même encouragé lundi les grands pays de la planète à poursuivre leurs injections de doses d’AstraZeneca.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 16 mars 2021