loi séparatisme

Séparatisme : une loi de mauvaise foi ?, par Etienne Defay

Dans une tribune publiée dans Le Figaro, le pasteur François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France, Eric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France et le Métropolite Emmanuel Adamakis, du Patriarcat œcuménique en France, ont alerté sur le contenu de la loi sensée lutter contre le « séparatisme ».

S’ils affirment que la loi de 1905 avait été accueillie avec douleur par les catholiques, elle avait en revanche été saluée par les protestants et les orthodoxes. Sans nier qu’elle a été vue comme une « machine de guerre contre l’Eglise », les signataires se veulent conciliants et insistent sur la nécessité pour les cultes de se retrouver dans l’ambition et la promesse de la République permettant « d’unir des hommes et femmes extrêmement divers ». On peut y voir avec regret une sorte de réaffirmation du toast d’Alger symbolisant l’attachement de l’Eglise de France à la République. On peut lever les yeux au ciel en voyant se déverser un énième angélisme très épiscopal à l’encontre d’un régime qui les aura davantage martyrisé que servi, mais le fond du propos n’est pas là. On a souvent pointé du doigt le robinet d’eau tiède qu’est bien souvent la conférence des évêques de France, la voir prendre position par le biais de son président tranche avec l’habitude ancrée de faire le dos rond. Car le sujet est d’importance.

On l’a beaucoup écrit ici mais ce projet de loi tire, sciemment ou lâchement, largement à coté de la cible. On attendait de la fermeté vis-à-vis de l’islamisme, on a vu un rejet pur et simple de toute religion, la République a raté l’occasion de se réconcilier avec son histoire et de nommer clairement son ennemi. Alors que l’islamisme se répand dans nos rues, les responsables chrétiens voient avec désolation leurs églises prises dans cette redoutable tenaille les rejetant du côté des islamistes. Foin de l’Histoire de ce pays, ses mœurs, ses coutumes et ses racines. Le christianisme est devenu, par le jeu éculé de l’égalitarisme et surtout du renoncement, une idéologie potentiellement dangereuse. Peu importe que l’évangile au sens radical ne peut conduire qu’à la sainteté, il ne vaut pas mieux aux yeux du législateur qu’une charia dont il faut se méfier.

D’ailleurs, les responsables chrétiens ont, sans le nommer évidemment, désigné l’ennemi en saluant « les dispositions permettant de lutter plus directement contre les mariages forcés, les mutilations sexuelles des jeunes filles, l’inégalité de l’héritage… » Autant de traditions étrangères au christianisme, autant de pratiques importées avec l’immigration musulmane. La France est au bord du gouffre et les chrétiens se voient injustement visés alors même que nos politiques savent pertinemment qu’ils ne sont qu’un moyen de diversion afin de ne pas assumer frontalement leur terreur à l’idée de nommer le mal.

A peine trois ans après le discours de Macron aux Bernardins, la République tire à nouveau le glaive laïcard, hélas il est en bois. C’est suffisant pour cogner sur les chrétiens mais pas assez pour pourfendre l’islamisme. Seule menace séparatiste de cette nation.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 10 mars 2021