Haro sur les Bastilles de la pensée unique !, par Ivan Rioufol

La morgue des mandarins est devenue insupportable. En médecine, une secte apocalyptique annonce le pire depuis un an, en refusant d’entendre les avis contraires. Or ce monde clos et péremptoire se ridiculise à mesure que l’épidémie de Covid semble stagner. Le 24 janvier, le JDD titrait comme une alarme : “Reconfinement imminent“. Un mois plus tard, les fabriquants de peur qui annonçaient inévitable cette troisième mise sous cloche généralisée rasent les murs. Il est trop tôt pour tirer un bilan définitif de leurs erreurs, les “variants” du virus n’ayant pas dit leurs derniers mots. Mais ceux qui étaient traités de complotistes pour vouloir débattre des certitudes de la science sont en droit de demander des comptes. Car les dégâts psychologiques, sociaux et économiques causés par les sachants, dont l’AP-HP reste le vivier, s’annoncent considérables. Philippe Pétain aussi avait voulu “sauver des vies”, ce crédo d’Emmanuel Macron, en acceptant de rendre les armes et de collaborer avec l’ennemi. Une fois de plus, le prix à payer sera lourd. Jean-Luc Jeener accuse (1), pensant notamment au sort des abandonnés des Ehpad : “Parce qu’on voulait à tout prix combattre la mort, on a déclenché des morts encore plus terrifiantes. Parce qu’on est obsédé par le matériel, on a annihilé le spirituel (…) parce qu’on a voulu sauver les corps, on a blessé les âmes…C’est impardonnable“.

Mais l’heureuse contestation ne s’arrête pas aux mandarins de la médecine qui ont cru pouvoir faire la loi. Les Sciences sociales, cette autre forteresse de la pensée lisse, sont sommées à leur tour de s’ouvrir à l’autocritique. Cette fois, l’assaut a été mené, contre toute attente, par Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur. En accusant l’islamo-gauchisme de “gangrèner” l’université et en persistant à demander, ce lundi matin encore sur RTL, un “état des lieux” sur cette recherche universitaire obligée, Mme Vidal a récolté les mêmes violentes attaques que celles lancées par les Diafoirus à chapeaux pointus contre les dissidents de l’Ordre sanitaire.

La très médiocre accusation en complotisme demeure l’argument central d’une pétition de 800 enseignants publiée dans Le Monde de ce week-end. Les signataires réclament la démission du ministre, dont ils disent qu’elle “ânonne le répertoire de l’extrême droite sur un islamo-gauchisme imaginaire“. Ils dénoncent “une chasse aux sorcières” et une “répression intellectuelle”. En fait, les mêmes mécanismes de préservation du discours unique sont ici déployés. Ils reposent sur la victimisation et la diabolisation de l’empêcheur de tourner en rond. L’ampleur de l’indignation suffit pourtant à démonter que l’islamo-gauchisme (terme inventé en 2002 par l’historien Pierre-André Taguieff) est bien une réalité politique promue par la cooptation entre pairs. Ces citadelles idéologiques ont fait leur temps. Toutes les Bastilles doivent être mises à bas. “Ce n’est pas ma priorité”, a pourtant tempéré Mme Vidal ce matin…

(1) Pour en finir avec la liberté, Atlande

Ivan Rioufol

Texte daté du 22 février 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol