Olivier Véran vaccins

Olivier Véran, l’as de Pique

Entre pénurie et saturation, la « stratégie vaccinale » d’Olivier Véran tourne en eau de boudin. Mais tout va très bien, Mme la Covid !

Bugs informatiques, prises de rendez-vous impossibles, centres de vaccination totalement débordés, stocks de vaccins largement insuffisants, ou encore refus aberrant de l’Etat de faire appel aux généralistes pour pallier le manque de médecins et d’infirmières affectés à la vaccination des Français : après un démarrage d’une misérable lenteur, qui a valu à notre pays d’être la risée du monde entier, la campagne de vaccination contre le Covid-19, que le pouvoir en place se vantait pourtant d’avoir organisée au détail près, tourne de plus en plus à la pantalonnade, mettant une fois de plus en évidence la terrible incompétence du gouvernement Castex.

Bugs informatiques et centre vaccinaux saturés

Ainsi, alors que le Premier ministre avait annoncé mercredi dernier l’élargissement de la campagne vaccinale à l’ensemble des « plus de 75 ans » à compter de ce lundi, et la possibilité pour les personnes concernées de s’inscrire dès jeudi par le biais d’Internet, le site prévu à cet effet, baptisé Santé.fr, n’aura guère résisté plus de 24 heures à une affluence certes énorme (plus d’un million de demandes) mais, cependant, tout à fait prévisible. Dès samedi matin, en effet, la plate-forme Sante.fr avertissait sur sa page d’accueil que, « compte tenu de l’importance des demandes », elle privilégiait « la présentation de l’offre de vaccination […] que vous trouverez ci-dessous classée par département ». S’ensuivait alors une simple liste de tous les centres de vaccination ouverts au public, là où, normalement, le site aurait dû proposer une carte permettant de géolocaliser le centre le plus proche de chez soi et permettre aux demandeurs de s’inscrire pour obtenir un rendez-vous. Rappelons que, jeudi dernier déjà, date de son lancement officiel, la plate-forme était carrément inaccessible en raison, selon certaines sources, d’un bug informatique. Version évidemment contestée par le ministère de la Santé qui s’était empressé d’expliquer que, si le site n’était pas encore accessible, c’était simplement parce que ses services étaient « en train de rentrer les données des centres de vaccination »…

Vers une pénurie de médicaments ?

Quoi qu’il en soit, à l’heure où nous écrivions ces lignes, les 833 centres mis en place par le gouvernement pour accueillir ce lundi le grand public étaient tous saturés et, dans nombre de villes, il n’était déjà plus possible de réserver un créneau, même à une date lointaine, pour recevoir une première injection. Notamment dans les Alpes-Maritimes, département français qui affiche pourtant aujourd’hui le plus fort taux d’incidence du pays : la demande y était à ce point massive que la plupart des sites vaccinaux du département ne proposaient, dès vendredi, « aucune disponibilité de rendez-vous » ! Mais peut-être plus révélatrice encore de l’incroyable impréparation du gouvernement, l’impossibilité dans laquelle se trouvent aujourd’hui les autorités sanitaires de créer d’autres centres de vaccination, faute tout d’abord d’un volume suffisant de vaccins. C’est que, en appelant comme ils l’ont fait les plus de 75 ans vivant encore chez eux (soit près de 800 000 personnes) à se faire vacciner plus tôt que prévu sans organiser, là encore, une augmentation parallèle du nombre global de doses (soit 500 000 par semaine), Castex et Véran ont évidemment fortement accru les risques d’une pénurie de vaccins dans notre pays. Cette situation inquiète aujourd’hui grandement les professionnels de santé, au sein desquels les médecins généralistes dénoncent par ailleurs l’absurde décision du gouvernement de renoncer à faire appel à leurs services dans le cadre de sa stratégie vaccinale. Un renfort qui aurait pourtant permis de désengorger nos fameux centres de vaccination et de pallier le nombre très insuffisant de médecins et d’infirmières affectés à celle-ci.

Treize victimes en Norvège

En attendant, et malgré la tournure anarchique qu’a prise la campagne vaccinale, les partisans de la piqûre obligatoire pour tous n’ont pas manqué, lors de ces dernières 72 heures, de remettre sur le tapis la question de la création d’un « passeport vaccinal » qui pénaliserait pourtant injustement ceux de nos compatriotes qui, que ce soit par conviction ou encore par prudence, ont fait le choix parfaitement légitime de ne pas se faire vacciner. Un projet liberticide contre lequel s’est d’ailleurs élevée Marine Le Pen dimanche sur BFMTV, en rappelant qu’elle était « extrêmement contre tout ce qui attente aux libertés individuelles ». Avant d’observer avec humour : « Compte tenu du fait que le gouvernement est incapable de vacciner ceux qui le souhaitent, parler d’un passeport vaccinal aujourd’hui m’apparaît assez ahurissant »… Un avis en partie rejoint par Nicolas Dupont-Aignan qui, se prononçant lui aussi contre la mise en place d’un « passeport vaccinal », a également dénoncé sur Twitter une « atteinte à l’égalité des citoyens pour l’accès à certaines activités », un « totalitarisme » et « une infâme et sournoise contrainte à la vaccination ». Il faut dire que le lien récemment établi par l’Agence norvégienne du médicament entre les décès de treize personnes âgées et fragiles ayant été vaccinées et les effets secondaires de la molécule proposée par Pfizer-BioNTech a largement de quoi renforcer les appréhensions des plus méfiants, et inciter les autres à davantage de prudence. Surtout quand les autorités sanitaires norvégiennes se voient contraintes de modifier en catastrophe leur guide de vaccination contre le Covid pour déconseiller aux « personnes frêles » de se faire vacciner, en précisant que pour ces dernières « même les effets secondaires relativement légers du vaccin peuvent avoir des conséquences graves ». Surprise ? Pas vraiment. Rappelons en effet que si les deux vaccins approuvés à ce jour en Europe (Pfizer et Moderna) ont bien été testés sur des dizaines de milliers de volontaires, le participant moyen à ces études était non seulement âgé d’une cinquantaine d’années, donc bien plus jeune que les personnes vaccinées aujourd’hui en priorité, mais surtout dépourvu de ces fameuses comorbidités dont souffrent, hélas, nombre de personnes très âgées.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 18 janvier 2021