Sylvain Baron : « Lorsque le peuple n’a plus aucun moyen légal et pacifique de pouvoir se faire entendre, il est de son droit de résister »

Sylvain Baron, auteur de « Révolte ! Essai sur la légitimité et la planification de l’insurrection populaire en France » (Ka’editions Et Conseils), était l’invité d’André Bercoff, mercredi 6 janvier.

Dans son essai, le Gilet jaune Sylvain Baron tente à la fois d’établir une analyse sur l’état politique « et le délitement de l’État depuis 30 ou 40 ans« . Il émet une réflexion sur le droit de la résistance.

« Saisir tout ce qu’on a à notre portée »

« Il y a toute une philosophie du droit chez les juristes« , souligne Sylvain Baron qui prend exemple sur la constitution allemande. « L’article 20 des lois fondamentales prévoit que ‘lorsque le peuple n’a plus aucun moyen légal et pacifique de pouvoir se faire entendre et résister à différentes aliénations politiques, il est de son droit de résister’« , rapporte l’essayiste. Un droit à la résistance qui sous-entend une certaine part de violence.

Pourtant, la violence n’est pas l’outil privilégié par le gilet jaune qui confie être « fâché avec beaucoup de gens qui aimeraient aller dans des écueils violents« . Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut baisser les bras. Sylvain Baron appelle à « saisir tout ce qu’on a à notre portée« . Et bien qu’ils soient méconnus, « il y en a beaucoup« , même si aujourd’hui « la dictature sanitaire, qui nous empêche de nous réunir, rend plus difficile les manifestations, rend mon message de plus en plus caduque« , souligne-t-il.

« On n’a jamais été vraiment en démocratie »

L’idée de son ouvrage est « d’abord d’envisager ce qui est possible de faire pour renverser une oligarchie« , précise son auteur qui souhaite remettre quelques points sur les i. « Une révolution, ce n’est pas les fourches et les pics », note-t-il, estimant « qu’une révolution politique c’est réellement lorsqu’une tyrannie est renversée par une fraction du peuple« .

Un mot fort qui s’applique à la France selon Sylvain Baron. « On n’a jamais été vraiment en démocratie« , explique-t-il qui prend pour exemple la Suisse, « où le peuple peut initier ses propres lois, faire des référendums, ce que les Gilets jaunes réclament« . « C’est ça le fondement de la démocratie », assure l’auteur qui regrette que « tout nous soit retiré par une représentation qui a les réseaux et les moyens de pouvoir être au pouvoir« . « Nous sommes gouvernés par une représentation déconnectée de la réalité, il n’y a pas d’ouvriers, de smicards, d’agriculteurs…« , déplore le gilet jaune.

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