covid-19

Douze mois sous le signe du COVID

Le dernier jour de l’année étant traditionnellement pour les journalistes le moment de dresser le bilan des douze mois écoulés et d’en souligner les faits majeurs, comment ne pas reconnaître avec nos confrères que 2020 aura été essentiellement marquée par l’épidémie de COVID et ses terribles conséquences ? Parti de Chine en novembre 2019, le nouveau virus aura en effet contaminé en un an près de 80 millions personnes à travers la planète, causé la mort de plus de 1,7 million de ses habitants, entièrement désorganisé les économies de ses pays, et contraint quelque quatre milliards d’êtres humains à vivre confinés chez eux pendant des semaines. Si, aujourd’hui, la plupart de nos grands médias s’efforcent surtout de dresser l’historique de la progression de l’épidémie dans le monde et en France, à Présent, nous retiendrons surtout de ces douze mois l’incapacité totale du gouvernement français à faire face à cette crise sanitaire et, pire encore, ses mensonges répétés à destination de nos compatriotes.

Des mensonges à la pelle

Dire que Macron et ses gouvernements Philippe puis Castex ont été complètement dépassés par cette pandémie serait leur faire encore trop d’honneur. Alors même que l’hécatombe avait commencé dès novembre 2019 en Chine et que l’OMS avait lancé un message d’alerte des plus inquiétants le 31 décembre, le gouvernement français, lui, nous sortait le premier d’une longue série de mensonges, en nous assurant que ce nouveau virus n’était rien d’autre qu’« une grippette » ! L’apparition des premiers cas sur notre sol, en janvier, puis des premiers morts, et surtout le très rapide encombrement de nos services de réanimation, allaient hélas nous montrer que non. Ils allaient aussi mettre cruellement en lumière l’incroyable état de délabrement du système de santé français, pourtant vanté depuis des années par nos gouvernements comme étant… « le meilleur du monde ».

Incurie et malhonnêteté

Mais le plus scandaleux restait encore à venir. Totalement dépourvu du matériel le plus élémentaire en cas d’épidémie – et notamment de masques – après des années d’imprévoyance et d’économies de bouts de chandelles, le gouvernement allait, pour tenter de cacher son incurie, nous expliquer que « le masque n’est d’aucune utilité ». Avant de rendre son port obligatoire quelques mois plus tard, sous peine de verbalisation ! Même chose pour les tests. Du début de la crise jusqu’à aujourd’hui, la prétendue « guerre » de Macron contre le COVID n’aura été en réalité que gestion de la pénurie, improvisation, tâtonnement, incohérence, restrictions absurdes, mesures archaïques et liberticides. Comme ces confinements, reconfinements et autre couvre-feu, dont l’efficacité en matière sanitaire reste encore à démontrer, mais dont les conséquences catastrophiques pour notre économie sont quant à elles certaines. Bref, si l’on veut mesurer l’incroyable nullité (et malhonnêteté) dont a fait preuve jusqu’ici le gouvernement français dans sa gestion de l’épidémie de COVID, il suffit de se plonger dans la lecture des deux rapports accablants publiés respectivement par la Commission d’enquête de l’Assemblée et celle du Sénat (voir Présent daté du 4 décembre 2020). Deux documents particulièrement édifiants, dont on aurait pu penser qu’ils pousseraient le gouvernement à revoir d’urgence sa « stratégie ». Mais, au vu de ses dernières interventions, il y a fort à craindre, hélas, que l’année 2021 ressemble de près à celle que nous venons de vivre.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 30 décembre 2020