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L’Europe reconfinée – 2021, année chaotique ?, par Olivier Bault

L’annonce d’une nouvelle mutation du coronavirus SARS-CoV-2 découverte en Angleterre et déjà détectée chez des malades dans plusieurs pays, dont l’Italie, arrive à point nommé pour justifier les mesures de confinement toujours plus strictes annoncées par les gouvernements européens. Cette variante du virus serait en effet plus contagieuse encore, à défaut d’être plus mortelle, que la variante classique. Plusieurs pays européens ont donc annulé les vols et fermé leurs frontières avec le Royaume-Uni : la France, y compris en ce qui concerne le transport de marchandises pour au moins 48 heures, à partir de dimanche minuit, l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas et l’Irlande. D’autres y réfléchissaient encore lundi matin.

A l’intérieur du Royaume-Uni, pour freiner la diffusion du SARS-CoV-2 mutant, le gouvernement de Boris Johnson a annoncé samedi de nouvelles restrictions en vigueur à Londres et dans le sud-est de l’Angleterre à partir de dimanche. Le caractère tardif de ces annonces qui, selon les critiques, « annulent Noël » pour 16 millions de personnes, a suscité la colère jusque dans les rangs du Parti conservateur. Dans les zones concernées, tous les magasins « non essentiels » sont désormais fermés, interdisant ainsi les derniers achats de Noël. Les habitants de ces zones ont interdiction de voyager et auront interdiction de passer Noël hors de chez eux.

Avant l’annonce de la nouvelle mutation du virus, l’Allemagne avait déjà sonné le glas du confinement « léger » en vigueur depuis le 2 novembre. Depuis le 16 décembre, les commerces « non essentiels », les écoles et les crèches sont fermés, et ce jusqu’au 10 janvier au moins. Il est aussi demandé aux Allemands de rester chez eux autant que faire se peut et de ne pas voyager à l’étranger, même s’il n’est pas besoin d’avoir une autorisation pour sortir. Pour Noël, les catholiques et évangéliques qui voudraient se rendre à un office religieux devront s’inscrire à l’avance et ils n’auront pas le droit de chanter dans les lieux de culte.

Le Figaro expliquait le 13 décembre que les mesures prises en Allemagne après de longs pourparlers entre le gouvernement d’Angela Merkel et les régions intervenaient « à rebours de la plupart des voisins européens » qui entamaient « pour leur part un timide déconfinement ». Cette affirmation est aujourd’hui périmée.

En Italie aussi, le gouvernement de Giuseppe Conte a introduit de nouvelles restrictions en vigueur du 24 décembre au 6 janvier, avec couvre-feu à de 22 heures à 5 heures et des restrictions strictes sur les rassemblements, y compris à l’intérieur des habitations, ainsi que l’interdiction de sortir des zones « rouges ». Du 24 au 27 décembre, du 31 décembre au 3 janvier et du 5 au 6 janvier, toute l’Italie sera considérée comme étant en zone rouge, avec interdiction de sortir de sa commune et fermeture de tous les restaurants, bars et commerces.

D’autres pays européens ont introduit de nouvelles mesures de confinement pour la période entre décembre et janvier, y compris l’Autriche qui restera confinée du 26 décembre au 24 janvier, avec hôtels, restaurants et commerces « non essentiels » fermés jusqu’au 18 janvier, alors que le gouvernement de Sebastian Kurz avait parlé un temps de laisser ses stations de ski ouvertes. Même la Suède qui s’est toujours refusée à confiner sa population vient d’émettre une recommandation de port du masque dans les transports publics, de limiter à partir du 24 décembre les rassemblements à huit personnes et d’imposer des restrictions plus sévères sur le nombre de personnes autorisées dans les restaurants et les bars. Mais malgré l’absence de vrai confinement en Suède depuis le début de la pandémie, ce pays s’en sort mieux, en nombre de morts par million d’habitants, que d’autres pays européens comme l’Italie, l’Espagne, le Royaume-Uni ou la France. Et cela avec des conséquences économiques et financières moindres.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 21 décembre 2020