La peur, virus plus mortel que le Covid, par Ivan Rioufol

Il faut sortir, très vite, de l’hystérie sanitaire : elle va tuer davantage que le Covid. Le virus est mortel dans un cas sur mille. Il est bien moins contagieux que la peur, qui tétanise une partie du monde. En France, la vie s’est arrêtée au prétexte de sauver les plus vulnérables. Tout le monde s’est félicité que l’économie s’efface devant l’humain. Mais, aujourd’hui, les détresses causées par les enfermements, les isolements, les interdits s’annoncent plus tragiques que les contaminations. Selon l’Ifop, un Français sur cinq aurait envisagé de se suicider.

Les Echos de ce lundi rappellent, citant une enquête nationale sur l’état psychologique de la population, que la dépression touchait presque 21% des gens à la mi-novembre, c’est-à-dire deux fois plus que fin septembre ! Les jeunes, qui ont été invités par l’Etat à se sacrifier pour épargner à leurs parents ou grands-parents un possible risque fatal, sont les plus atteints : 29% des moins de 24 ans seraient dans un état dépressif, soit 16 points de plus que fin septembre ! “Ce deuxième confinement a ôté toute pulsion de vie à notre société“, explique un psychanalyste. “La vague de suicide est sans doute à venir“, prévient un psychiatre. La tyrannie de l’Ordre sanitaire a crée un monde invivable.

Le refus du gouvernement d’ouvrir, mardi, les lieux de culture (théâtres, cinémas, musées, spectacles, etc.) illustre l’abrutissement auquel conduit la modélisation de la société : la voici réduite à des courbes, des chiffres, des algorithmes, des prévisions au doigt mouillé. Olivier Véran, ministre de la Santé, semble prendre plaisir à distiller un même discours anxiogène et illisible, destiné à terroriser l’opinion. La ministre de la Culture, la pétulante et sans doute trop positive Roselyne Bachelot, a disparu du paysage politique. Il n’y a place que pour des hommes gris et masqués, nouveaux moines pénitents exigeant la soumission du troupeau.

Mais comment comprendre cette réticence à libérer les activités culturelles, tandis que les transports collectifs, les magasins, les grandes surfaces, les manifestations en tous genres brassent des milliers de personnes ? L’inacceptable a été franchi dans l’obsession hygiéniste, cette politique réduite au degré zéro. La démocratie n’y prend que des sales coups. C’est ainsi que le sort de la jeune Mila, chassée de son lycée militaire par crainte de réactions islamistes face à ses insolences, n’émeut guère le Landerneau médiatique. Faudrait-il vivre couché, rampant, tremblant ? Il est urgent de revivre !

Ivan Rioufol

Texte daté du 14 décembre 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol