Attentat islamiste à Vienne : la vraie pandémie

Au moins quatre morts, plus d’une quinzaine de blessés, six lieux frappés et plusieurs dizaines de coups de feu tirés : relativement épargnée jusque-là par l’islamo-terrorisme, la capitale autrichienne a été, hélas, lundi soir, le théâtre d’une véritable offensive djihadiste qui en dit long sur les capacités d’action considérables des terroristes musulmans en Europe ainsi que sur l’impréparation flagrante et quasi générale des pays européens à mener sérieusement cette guerre. Car, n’en déplaise aux responsables de l’UE et aux trop nombreux chefs d’Etat européens qui pendant longtemps ne se sont guère sentis concernés par le « drame français » et découvrent aujourd’hui qu’ils sont en guerre, c’est l’Europe tout entière, avec sa civilisation et ses valeurs chrétiennes, que les islamistes sont résolus à abattre.

Un symbole de la résistance à l’islam frappé

En ce sens, le fait que ces derniers aient cette fois frappé Vienne, cette ville profondément catholique assiégée plusieurs fois sans succès par les Turcs, et donc hautement symbolique de la résistance de l’Europe chrétienne à la barbarie islamique, n’est évidemment pas un hasard. Quatre siècles après 1683, la capitale autrichienne se trouve à nouveau en quasi-état de siège depuis lundi soir, 20 heures, lorsque plusieurs djihadistes, équipés de fusils d’assaut et dont on sait qu’ils sont proches de l’EI, ont ouvert le feu près de la place Seitenstettengasse, en plein centre-ville de Vienne. Rapidement sur les lieux, les policiers ont alors riposté, entraînant la fuite des islamo-terroristes qui ont continué à mitrailler à tout-va. C’est ainsi que, selon la police viennoise, pas moins de six sites, tous situés dans le centre-ville, ont été visés, dont le Fleischmarkt, le Bauernmarkt, ou encore la Morzinplatz. Une fusillade effrayante qui a fait, pour le moment, trois morts (deux hommes et une femme) et une quinzaine de blessés (dont sept grièvement) parmi les Viennois innocents ; la quatrième « victime » annoncée étant l’un des djihadistes qui, grâce aux forces de l’ordre autrichiennes, n’aura plus l’occasion de récidiver…

Vienne en quasi-état de siège

Cependant, à l’heure où nous écrivions ces lignes, la police autrichienne était encore à la recherche d’« au moins un assaillant », et Vienne en quasi-état de siège. Tandis que le ministère de l’Intérieur appelait les habitants à s’enfermer chez eux, policiers et soldats étaient mobilisés massivement pour protéger les bâtiments importants de la capitale, installer des cordons de sécurité et des barrages un peu partout, traquer les fuyards à d’aide d’hélicoptères et renforcer les contrôles aux frontières du pays. Bref, confrontée à cette attaque djihadiste de grande ampleur, l’Autriche est bien sûr « inondée » depuis lundi soir de messages de solidarité émanant de ses « partenaires » européens qui, comme toujours en pareil cas, déplorent une « horrible attaque qui viole nos valeurs » et assurent que les Européens ne se laisseront « jamais intimider par le terrorisme ». Des messages de « soutien » au ton martial dont notre armée, seule à combattre l’islamo-terrorisme depuis des années au Sahel et ailleurs, connaît parfaitement la valeur… Parmi les plus consternants, on retiendra quand même celui d’Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, qui n’a pas craint d’affirmer que nous étions « plus forts que la haine et la terreur », ou, pire encore, celui du ministère allemand des Affaires étrangères, qui a osé déclarer lamentablement que nous ne devions « pas céder à la haine qui cherche à diviser nos sociétés » !

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 3 novembre 2020