Alexandre Rodde : « Le djihad a évolué sur les cinq dernières années »

Alexandre Rodde, membre du Centre d’étude de la Sécurité et de la Défense (CESED), consultant en sécurité intérieure, officier de réserve de la Gendarmerie nationale et co-auteur avec Bernard Meunier, du livre « Passage à l’acte : Comprendre les tueries en milieu scolaire » (aux éditions Kiwi), était l’invité d’André Bercoff, lundi 19 octobre, sur Sud Radio

Dans son dernier livre, co-écrit avec Bernard Meunier, Alexandre Rodde traite les histoires de tuerie de masse dans le milieu scolaire. « Toutes les histoires ne concernent pas forcément le terrorisme en soit mais la protection de toutes les écoles« , précise l’auteur. En France, la seule tuerie de masse en milieu scolaire avait marqué les esprits en 2012. C’était à Toulouse, l’attentat contre Ozar Hatorah perpétré par Mohammed Merah.

Un changement de stratégie pour les terroristes

Depuis la seconde attaque contre Charlie Hebdo, le 25 septembre dernier, rue Nicolas-Appert à Paris, Alexandre Rodde travaille particulièrement sur la question du terrorisme et note que « le djihad a évolué sur les cinq dernières années« . Les terroristes tentent de « s’adapter aux méthodes policières et militaires que l’on a pu mettre en place au Moyen-Orient« , explique-t-il.

Une menace jusqu’alors « projetée« , où les groupes terroristes « envoyaient du personnel et les mettaient en liaison avec un niveau logistique important« , décrit le consultant. Meilleur exemple, les attentats du Bataclan ou de Charlie Hebdo en 2015, avec « des moyens importants, de l’ordre de 10.000 euros pour l’opération« , note Alexandre Rodde.

Des attaques low-cost

Désormais, les terroristes passent « à des attaques low-cost« . « Du fait qu’on ait détruit ces groupes djihadistes à l’étranger, ils sont obligés de changer de stratégie et incitent les gens qui sont déjà sur le sol français à passer à l’acte« , observe l’auteur. Une stratégie qui existe depuis longtemps et consiste à fomenter « plusieurs petites attaques où on tue une ou deux personnes à la fois, mais qui marque l’opinion publique« . L’objectif des djihadistes : « créer un conflit civil qui favoriserait la montée de l’islam radical« , affirme l’officier de réserve de la Gendarmerie.

Vendredi 16 octobre, un nouvel acte terroriste a secoué la France et l’univers scolaire. Un professeur d’histoire-géographie a été décapité à la sortie d’un collège à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Après l’émotion suscitée par cet acte barbare, les questions, notamment liées aux menaces qui pesaient contre ce professeur depuis plusieurs jours. « La question qu’il faut se poser c’est de savoir si l’information était transmise à la police locale et si quelque chose a été mis en place« , réagit l’auteur. « La partie sécuritaire ne doit pas être dans les mains de l’Éducation nationale qui n’est pas à même de s’occuper de ça« , rappelle-t-il.

Une analyse reprise du site Sud Radio