Loi bioéthique : des manifestations nombreuses

Samedi 10 octobre 2020, plusieurs milliers d’opposants à la loi bioéthique, répondant à l’appel du collectif d’associations Marchons Enfants, dont La Manif pour tous et Alliance Vita, ont manifesté en France. L’opposition porte sur la procréation médicalement assistée (PMA) et la future gestation pour autrui (GPA), destinées à favoriser le désir d’enfants des milieux LGBT. Les manifestants étaient plusieurs centaines à Paris, Toulouse, Lille, Rennes, Bordeaux et Lyon. Près de 400 à Clermont-Ferrand. Les manifestations sont limitées à 1 000 personnes dans de nombreuses villes, du fait du Covid.

L’époque du commerce des ventres de femmes, pauvres bien sûr, approche. Celle des enfants sans racines et déboussolés aussi. Apparaît de surcroît, maintenant, chez certains LGBT, la revendication d’une GPA pour les hommes seuls.

Voté à l’Assemblée nationale, le projet sera examiné au Sénat à une date encore inconnue. Dans la manifestation, à Paris, la présidente de La Manif pour tous, Ludovine de La Rochère, a demandé le retrait de la loi, dénonçant la normalisation de « l’absence de père », de la « filiation fictive gérée par l’Etat » et de la privation de père « avant même la conception ».

Porter le fer lors des prochaines élections

Face aux manifestants dénonçant la future marchandisation de l’être humain, de petites contre-manifestations ont eu lieu, parfois émaillées de violences imputables, selon la police, aux groupuscules LGBT et « antifas ». Les défenseurs de la loi bioéthique l’affirment : la PMA n’ouvrira pas la porte à la marchandisation du corps féminin. Qui peut encore y croire ? L’argument n’a pas changé depuis la loi sur le mariage homosexuel. Il sert à masquer l’incessante volonté de dépasser les limites. Il y avait des familles naturelles – père, mère, enfants –, il n’est pas certain que ce soit une situation majoritaire dans un futur proche. Les enfants avaient un père, sera-ce l’exception à l’avenir ? Les tenants de ces bouleversements anthropologiques l’affirment pourtant : rien n’ira à l’encontre de l’équilibre des enfants. Qu’en savent-ils ? Il faudra au moins une génération d’enfants nés de PMA et de GPA pour en connaître les conséquences. Pour certains tenants de ces attaques contre la famille naturelle, comme l’avocate Caroline Mecary, auteur du « Que sais-je ? » PMA et GPA, les opposants seraient « une ultra minorité de fanatiques ». A l’instar de ses pairs, elle ne voit pas que la PMA et la GPA n’étaient réclamées, avant la propagande massive en leur faveur, que par une infime minorité de militants gays.

Quelle est la stratégie politique efficace maintenant ? Le combat gagnerait à se concentrer contre la GPA, un combat à la fois anthropologique, sociétal et économique. Les exemples passés des lois pour le mariage gay et de cette loi bioéthique doivent servir : la rue est-elle encore le bon lieu pour la bataille ? Rien de moins sûr. Empêcher la GPA, il y a prochainement des élections pour cela. Des élections, un véritable sondage grandeur nature et non pas ces « sondages » pro PMA-GPA assénés par des médias aux ordres.

Paul Vermeulen

Article paru dans Présent daté du 12 octobre 2020