Djihadistes relâchés, versement de rançon : la libération de Sophie Pétronin interroge à droite

Les conditions de la libération de Sophie Pétronin, ainsi que ses déclarations, ont entraîné des réactions négatives à droite de l’échiquier politique, certains y voyant un affront fait aux militaires français encore sur le terrain au Sahel.

Quatre ans après son enlèvement par un groupe djihadiste du Sahel malien, la Française Sophie Pétronin, 75 ans, est rentrée en France le 9 octobre 2020 au lendemain de l’annonce de sa libération, suscitant la polémique chez certains élus de droite. A son retour, elle s’est exprimée devant les caméras en ces termes : «Pour le Mali, je vais prier, implorer les bénédictions et la miséricorde d’Allah, parce que je suis musulmane. Vous dites Sophie, mais c’est Mariam que vous avez devant vous», évoquant sa conversion à l’islam. Elle a par ailleurs annoncé son souhait de «revenir au Mali voir un peu ce qu’il se passe», là où se trouve son organisation d’aide aux enfants. Les conditions de sa libération restent encore floues, mais font déjà polémique. Officiellement, la France a toujours affirmé ne jamais payer de rançons pour libérer ses ressortissants. L’ancien président de la République François Hollande martelait ainsi que «la France ne paye pas de rançons… La France ne pratique pas non plus d’échanges de prisonniers».

Néanmoins, pour le journaliste et spécialiste des mouvements djihadistes au Sahel Lemine Ould Salem, interrogé sur RTL, «c’est une évidence» : une rançon aurait bien été versée. Il évoque une somme de 10 millions d’euros versée pour garantir la libération de Sophie Pétronin et des trois autres otages : l’homme politique malien Soumalia Cissé et deux ressortissants italiens, dont un prêtre. Une information qui n’a pour le moment pas été confirmée. De plus, la libération les 5 et 6 octobre de plusieurs dizaines d’individus, présentés par des officiels maliens (sous couvert d’anonymat) comme des djihadistes, mais dont les identités demeurent inconnues, pourrait avoir été au cœur des négociations pour la libération de la Française. Selon les informations du quotidien Le Monde, il y aurait parmi eux des cadres du djihad affiliés à al-Qaïda. Le journal cite notamment «le Mauritanien Fawaz Ould Ahmed […] arrêté en 2016, impliqué dans les attentats contre le restaurant La Terrasse à Bamako [six morts] et l’Hôtel Byblos à Sévaré [22 morts] en 2015» ; et ce même si une large majorité de ces combattants islamistes seraient «de tout petits poissons qui n’avaient pas été jugés». «Cela n’a pas de prix de libérer des personnes prises en otage, mais quoi qu’il en soit, le prix est très, très cher», estime Peer de Jong, ancien aide de camp des présidents François Mitterrand et Jacques Chirac, spécialiste de la sécurité au Sahel interrogé par Franceinfo le 9 octobre. Il qualifie cette libération de djihadistes de «réelle catastrophe» pour le Mali, où combattent toujours des soldats français.

Texte repris du site RT France