L’inutile acharnement de Véran contre Raoult

Les fabricants de peur détestent le professeur Didier Raoult. Il les rend hystériques. Cela fait des mois que le scientifique assure, en effet, que l’épidémie de coronavirus n’est pas si mortelle. Il l’a redit ce lundi matin sur CNews, interrogé par Laurence Ferrari : “Ca sert à rien de s’affoler (…) La mortalité de cette maladie n’a rien de terrifiant (…)“. Pour lui, les chiffres des décès causés par le virus ne seront pas significatifs sur l’ensemble de l’année 2020. Il parle également de “délire sur l’hydroxychloroquine“, interdite aux médecins depuis mai. Selon lui, elle “diminue la mortalité de 50%“.

Déjà, le 19 août, le médecin marseillais avait tenu des propos similaires. Mais cette fois, Raoult n’est plus seul. Vendredi, dans Le Parisien, 35 chercheurs, universitaires et médecins ont appelé “les autorités politiques et sanitaires françaises à cesser d’insuffler la peur à travers une communication anxiogène qui exagère systématiquement les dangers (…)“. Ils ont dénoncé également la décision du ministère de la Santé de “suspendre leur liberté de prescrire les médicaments autorisés de leur choix“. Samedi, dans Le Figaro, des médecins de la région marseillaise ont apporté leur soutien à celui que des fanatiques, parfois liés à des intérêts pharmaceutiques, présentent comme un “gourou” ou un “charlatan” appuyé par “l’extrême droite”.

Olivier Véran est, depuis le début, en première ligne dans cette cabale qui a atteint l’irrationnel. Dans ce bras de fer, la science n’est qu’un prétexte. En réalité, le ministre de la Santé s’emploie à vouloir défendre un Ordre sanitaire qui répond davantage “au désir des politiques d’avoir un rôle” (Raoult, ce matin) qu’à des dangers réels.

Dès le 3 mai, Véran reprochait au médecin de “n’être pas très responsable“, en niant l’existence d’une deuxième vague. Or celle-ci, annoncée tout l’été, n’est toujours pas là. Début septembre, le ministre promettait pour dans quinze jours “une augmentation des cas graves de coronavirus“, tandis que le Conseil scientifique évoquait le 10 septembre “une circulation inquiétante du virus“. Ces discours alarmistes sont ceux d’un pouvoir qui prend goût à infantiliser les citoyens, en leur imposant des pénitences. Récemment, Véran a reproché à Raoult d’avoir dit “des trucs qui étaient faux“, sans s’interroger sur ses propres mensonges initiaux sur l’utilité des masques ou la véracité de l’étude bidonnée du Lancet démolissant le protocole Raoult. Ce matin le professeur a laissé poindre son agacement à être traité par le ministre “comme un vilain petit canard“. L’acharnement de Véran contre Raoult fera forcement une victime parmi les deux adversaires. Or Véran devrait se méfier : le vent tourne, les yeux s’ouvrent. Et les faits sont têtus.

Ivan Rioufol

Texte daté du 14 septembre 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol