Menace islamo-terroriste – Plus de 8 000 personnes fichées en France, par Franck Deletraz

Alors que doit s’ouvrir ce mercredi devant la cour d’assises spéciale de Paris le procès très attendu des attentats de janvier 2015 à Charlie Hebdo, Montrouge et l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a profité d’une visite qu’il a effectuée lundi au siège de la Direction générale de la sécurité intérieure pour livrer à la presse quelques chiffres effrayants et dresser un état des lieux de la menace terroriste en France. Une menace qui, sans surprise, reste « à un niveau extrêmement élevé ».

« 61 attentats déjoués depuis 2013 »

Ainsi, a expliqué Gérald Darmanin après avoir rendu hommage aux « femmes et aux hommes des services de sécurité […] qui mettent tout en œuvre pour protéger les Français », le « risque terroriste d’origine sunnite [demeure] la principale menace à laquelle est confronté notre pays ». Faisant l’état des lieux du nombre d’attentats déjoués dans notre pays au cours de ces dernières années, le ministre de l’Intérieur a alors précisé que « 61 attentats » avaient pu être empêchés par nos services de renseignement et nos forces de l’ordre « depuis 2013 », dont « 32 depuis 2017 » et un « projet d’attentat d’ampleur » en janvier 2020. Par ailleurs, a annoncé Darmanin, « plus de 8 000 personnes, 8 132 exactement, sont à ce jour inscrites au fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT) ». Soulignons au passage que, quelques heures avant son intervention, Jean-François Ricard, qui dirige le parquet national antiterroriste, avait précisé de son côté que pas moins d’une demi-douzaine d’attentats avaient été déjoués au cours de ces derniers mois…

505 détenus terroristes islamistes bientôt libérés

Mettant ensuite l’accent sur les moyens supplémentaires que le gouvernement s’est engagé à allouer à la DGSI, et notamment sur une augmentation de ses effectifs de « 1 260 agents dans tout le quinquennat », le ministre de l’Intérieur a alors confirmé que sa direction déménagerait prochainement à Saint-Ouen, grâce à l’achat effectué en début d’année des terrains auparavant occupés par Le Parisien. Une opération qui, a-t-il précisé, devrait se chiffrer « à plus d’un milliard d’euros ». Enfin, abordant la question de la scandaleuse et irresponsable libération prochaine de « 505 détenus terroristes islamistes en lien avec la mouvance islamiste », auxquels il faut encore ajouter « 702 détenus de droit commun susceptibles de radicalisation » au moment même où, comme il l’a dit, la menace islamo-terroriste reste « à un niveau extrêmement élevé » en France, Gérald Darmanin a fait valoir qu’il s’agissait d’un… « défi sécuritaire majeur ». Non, sans blague ! Mais ce n’est pas fini : en effet, a ajouté le ministre, « en 2020, les prévisions de libération sont évaluées à 45 détenus pour des faits d’association de malfaiteurs terroristes », et en 2021 à « 63 terroristes islamistes condamnés ». Bref, de quoi compliquer encore un peu plus la tâche déjà difficile de la DGSI…

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 1er septembre 2020