Coronavirus – La seconde vague et la mascarade

Après s’être vanté de sa gestion – pourtant désastreuse – de l’épidémie de coronavirus et de son déconfinement par étapes prétendument réussi, le gouvernement, confronté à une nouvelle explosion du nombre de contaminations, en vient maintenant à envisager des reconfinements ciblés et à généraliser progressivement le port du masque.

Les grands médias peuvent bien continuer de nous assener quotidiennement des reportages évoquant la « gestion catastrophique » de l’épidémie de Covid-19 aux Etats-Unis et au Brésil, ils ne nous feront pas oublier pour autant que le gouvernement français non seulement n’a pas mieux géré la crise que ces pays mais a même fait pire si l’on rapporte le nombre de décès à celui de la population totale. Plus inquiétant encore : alors que le gouvernement s’enorgueillissait d’avoir « réussi » le déconfinement de notre pays, l’épidémie revient aujourd’hui au galop. C’est ainsi que jeudi, la Direction générale de la santé disait avoir relevé 4 771 nouveaux cas de contamination au cours des dernières 24 heures, soit un record depuis la mi-avril. La veille déjà, 3 776 nouveaux cas avaient été détectés. En même temps, la DGS enregistrait 35 nouveaux foyers de contagion sur le territoire français, portant ainsi leur nombre total à 410. Si ces chiffres sont, il est vrai, à mettre en rapport avec le faible nombre de nouveaux décès (12 au cours des dernières 24 heures) et de nouvelles hospitalisations (149), ils n’en constituent pas moins la preuve que la crainte d’une deuxième vague épidémique manifestée par l’écrasante majorité des médecins était largement fondée et que le gouvernement a été, encore une fois, incapable de l’empêcher.

Vers des « reconfinements ciblés »

Résultat, un nombre sans cesse croissant de villes françaises (dont Toulouse et Nice) ont pris d’elles-mêmes la décision au cours de ces dernières semaines de rendre obligatoire sur leur territoire le port du masque, aussi bien en extérieur que dans les lieux publics clos. Et l’Etat, pris de panique, annonce maintenant presque chaque jour une nouvelle obligation de porter le masque sur des lieux ou dans des circonstances de plus en plus divers : hier, dans les collèges et lycées « en toute situation » à la rentrée, avant-hier dans l’ensemble des entreprises à compter du 1er septembre… Pire encore : face à ce retour en force de l’épidémie, dont les grands médias d’ailleurs se gardent bien de noter qu’il est en partie lié aux transhumances migratoires extra-européennes de fin de vacances, l’Etat évoque de plus en plus l’hypothèse de « reconfinements ciblés ».

Ainsi, interviewé cette semaine par Paris Match depuis sa résidence du fort de Brégançon, Macron, tout en écartant l’idée de recourir à nouveau à un reconfinement généralisé dont les conséquences économiques seraient évidemment catastrophiques, n’en a pas moins déclaré : « On ne s’interdit rien »… « Ce que l’on veut éviter, a-t-il ajouté, c’est d’être débordés. Nous avons des stratégies très localisées, comme ce qui s’est passé en Mayenne, et qui peuvent aller jusqu’à un reconfinement ciblé qu’on pourrait instaurer si la situation l’imposait. » Mais, pratiquement comme en mars dernier, ce qui frappe, c’est l’absence de vision d’ensemble et de mise en perspective face au virus.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 21 août 2020