Coronavirus : le péril algérien à nos frontières ?

Le retour de l’épidémie dans le monde, en Europe en tout cas, est largement lié, comme en Catalogne et dans notre Midi, aux conditions de vie de populations issues de l’immigration. Cela devrait inciter la France à une prudence sanitaire maximale vis-à-vis de tout ce qui vient de l’extérieur. Les touristes, bien sûr, mais aussi les binationaux et autres résidents des deux côtés de la Méditerranée.

Un trop grand laxisme

Pour le professeur Éric Caumes, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, l’épidémie pourrait repartir bien avant l’automne dans notre pays. La réouverture des frontières, qu’on a tardé à fermer et qu’on a rouvertes hâtivement, aurait dû être faite “intelligemment” mais selon lui, ce qui se fait, ou plutôt ne se fait pas, risque de favoriser l’apparition d’une seconde vague. « Il faut mieux contrôler: faire des tests, prendre les contacts des voyageurs. Et pour ceux qui reviennent d’un pays où l’épidémie flambe, il faut instaurer une quarantaine », a-t-il expliqué dans Le Parisien du 6 juillet, en citant le cas d’une vingtaine de binationaux, de retour d’Algérie, qui ont été hospitalisés dans plusieurs villes la semaine dernière à leur arrivée, et dont l’un est décédé. Qui en a parlé ?

« Est-ce que leur entourage ou les gens qu’ils ont croisés à l’aéroport, dans l’avion, ont été dépistés et isolés ? », s’interroge encore Éric Caumes. « Je n’en suis pas sûr. Les personnes potentiellement infectées vont continuer d’embarquer, d’aller et venir en provenance de pays où le nombre de cas explose… En France, nous sommes d’un grand laxisme. On traite le virus avec mépris, on se fera rattraper », prédit le professeur qui « craint une seconde vague dès cet été » : « En Amérique, en Guyane, l’épidémie flambe alors qu’il fait 35 degrés. Le fait d’être en extérieur, l’été, réduit un peu la circulation du virus mais pas dans de grandes proportions. À la Pitié-Salpêtrière, mon unité Covid est pleine, j’ai été obligé d’en ouvrir une autre en début de semaine dernière. Des cas continuent à arriver. »

Des bombes volantes

Depuis le 29 juin, dans plusieurs grands établissements parisiens, Pitié-Salpêtrière, Tenon, Saint-Antoine, Bichat, mais aussi à Lyon, Marseille, Grenoble et Reims, une vingtaine de malades atteints du Covid-19 ont été hospitalisés. Avec un point commun : ils revenaient tous récemment d’Algérie. «Si l’on en juge par leur état au moment de leur prise en charge, ils étaient déjà malades quand ils ont pris leur vol de rapatriement : au moins trois sont en réanimation et un est décédé. Vu l’importance des flux de populations entre la France et l’Algérie durant l’été, il est urgent de prendre des dispositions pour éviter que le virus ne recommence à circuler à bas bruit » , alerte un médecin parisien, atterré par l’apathie des autorités.

Face à la recrudescence des cas de contaminations sur son territoire, notamment dans les régions de Blida, Sétif et Oran, le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a ordonné le 28 juin le maintien de la fermeture de ses frontières terrestres maritimes et aériennes. Toutefois, les ressortissants de l’Union européenne ou les Algériens y résidant légalement conservent, eux, la possibilité d’embarquer sur un vol ou un bateau à destination de la France. Avec pour seule contrainte le port du masque durant leur voyage de retour. «Ils font redémarrer l’épidémie artificiellement avec les voyageurs ! » s’emporte un infectiologue cité par Libération.

Le mondialisme, principal allié du virus

On a l’impression qu’on ne tire leçon de rien et surtout pas du précédent, pourtant flagrant, des passagers chinois. Les médias ne parlent pas absolument pas de ce problème de retour du virus par des frontières non contrôlées. Dans d’autres pays européens, on teste, on trace les voyageurs. En France, on s’y refuse, pour des raisons bien sûr idéologiques. Fermer la frontière aux pays du Maghreb est plus difficile que d’interdire le Louvre aux américains.

Le principal allié du virus est l’idéologie de la libre circulation mondialiste et de la détestation des frontières nationales protectrices.

Si il y a une deuxième vague et qu’elle vient du laxisme migratoire on va réagir mais trop tard, car on n’osera pas nommer le péril. Il faudrait contrôler les voyageurs dans le pays d’origine car les faits sont là : sur 310 nouveaux cas identifiés depuis le 15 juin, «au moins 13 avaient voyagé à l’étranger ou étaient rapatriés de différents pays : 6 d’Algérie, et respectivement 1 d’Afghanistan, Congo, Côte d’Ivoire, Egypte, Pakistan, Roumanie, Serbie». Il faut donc durcir d’urgence les interdictions d’entrée sur notre territoire de citoyens de pays à risque. Il est peut être déjà trop tard, et on sait pourquoi.

Pierre Boisguilbert

Texte repris du site Polémia