Chasse aux blancs dans les médias américains, les têtes tombent

Pendant la grande chasse aux blancs du printemps 2020, sous prétexte d’anti-racisme, au milieu des génuflexions, des repentances, des larmes, des excuses, des soupirs, des prosternations, les résultats ne se font pas attendre dans les médias américains. Les têtes tombent, toutes blanches.

Tempête au New York Times

Le New York Times publie le 3 juin 2020, une tribune libre d’un sénateur républicain américain dans la rubrique « Opinions » du journal. Il y qualifie les manifestants d’« émeutiers, insurgés, casseurs ». Soulignons qu’il s’agit d’une tribune libre, pas d’ un article et encore moins d’un éditorial. Branle-bas au quotidien, plusieurs centaines de journalistes dénoncent la tribune ; mieux quelques dizaines publient sur Twitter un texte protestant contre une tribune qui « met en danger les salariés noirs du NYT » (sic).

Résultat des courses, James Bennet responsable de la rubrique « Opinions » et pressenti pour prendre la direction du journal, défend sa ligne d’ouverture à différentes sensibilités politiques (ce qui au NYT ne va pas bien loin) mais il est contraint à la démission.

…Et ailleurs

Vous connaissez le Philadelphia Inquirer ? Le quotidien vient d’enregistrer la démission de Stan Wischnowski son directeur de la rédaction. Après que les émeutiers dits anti-racistes aient brûlés ou endommagés un certain nombre d’immeubles de la ville, il publie une tribune libre « Buildings matter, too » (les immeubles comptent, eux aussi). Fureur des journalistes noirs qui débraient et obtiennent le départ du responsable.

Des mouvements semblables ont lieu dans d’autres rédactions. Le directeur du magazine culinaire Bon appétit, (groupe Condé Nast), Adam Rapoport avait été photographié en 2013 lors d’une fête d’Halloween… déguisé en latino-américain. Il doit remettre sa démission. Au site féminin Refinery29 des salariées noires se plaignent d’être placées sous la direction de jeunes rédacteurs blancs. Un sac de cendres sur la tête, la directrice, Nikole Hannah Jones, se repent et démissionne : « Nous devons faire mieux et cela passe par laisser sa place à d’autres » (source AFP). Dans un contexte différent, le même mouvement se déroule en Allemagne.

Justification professionnelle et fin de l’honnêteté

Certains pourraient croire que cette chasse aux Blancs émeut les instances du journalisme. C’est le contraire. Un certain Jay Rosen, professeur de journalisme à l’université de New York les justifie pleinement : « Les journalistes issus des minorités ont été recrutés pour apporter une autre vision du monde et de nouvelles perspectives. Mais on leur demande d’effacer leurs points de vue au nom de l’objectivité et de l’honnêteté ». Autrement dit le respect du réel (l’honnêteté de base) n’existe plus, ne doit plus même exister, place au journalisme de repentance. Les Blancs sont sommés de céder la place, si possible en disant merci, comme Madame Nikole Hannah Jones en a donné l’exemple. Un mouvement dont on peut deviner qu’il sera copié en France avec la complicité, active ou passive, des écoles de journalisme, d’une partie des rédactions et la bénédiction des pouvoirs publics.

Article repris du site OJIM