Bronx-sur-Seine – Manifestation interdite du Comité Adama Traoré, par Franck Deletraz

Forces de l’ordre violemment prises à partie, quartier entièrement saccagé et boulevard périphérique envahi : alors que la Préfecture de police de Paris l’avait formellement interdite et que plusieurs syndicats de policiers avaient mis en garde les autorités contre les graves débordements que celle-ci pouvait entraîner, la manifestation ouvertement anti-flics organisée par le Comité Adama Traoré s’est quand même tenue mardi devant le tribunal judiciaire de Paris, donnant lieu, comme l’on pouvait s’y attendre, à d’innombrables violences. Retour sur un véritable scandale qui, dans tout pays normalement constitué, entraînerait la démission immédiate du ministre de l’Intérieur.

Importer le conflit racial en France

Pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que la foule des groupuscules communautaristes, racistes, et d’extrême gauche qui sévissent impunément depuis des années sur notre sol, inspirés par les émeutes qui secouent les Etats-Unis depuis la mort de George Floyd, tentent aujourd’hui d’importer chez nous ce conflit racial et anti-flics. Le préfet Lallement semble lui-même en avoir conscience puisque, dans un mail qu’il a adressé mardi aux policiers pour leur apporter son soutien, il y a fait indirectement allusion en rappelant qu’en France « une accusation ne suffit pas à faire une vérité » et que « la police de l’agglomération parisienne n’est ni violente, ni raciste ». Conscient également que « la tonalité de l’appel à manifester relayé par les réseaux sociaux (laissait) craindre que des débordements aient lieu sur un site sensible », Lallement avait aussi formellement interdit le rassemblement prévu par le Comité Traoré. Une interdiction qui ne devait cependant pas impressionner les organisateurs puisque, à peine le communiqué de la Préfecture publié, ceux-ci défiaient ouvertement l’autorité en annonçant que la manifestation aurait quand même lieu. Dans la soirée, plusieurs milliers de militants communautaristes et d’extrême gauche se rassemblaient ainsi devant le tribunal judiciaire, porte de Clichy, à Paris, pour manifester aux cris de… « tout le monde déteste la police ». Des appels à la haine qui n’ont évidemment pas tardé à donner lieu à de violents incidents, au cours desquels les forces de l’ordre ont été sans cesse prises à parti, le quartier saccagé, des vélos et du mobilier urbain incendié, des barricades érigées et le boulevard périphérique envahi par les manifestants. Des affrontements qui se sont poursuivis jusque tard dans la soirée, s’étendant même à la commune limitrophe de Clichy, où les vitres d’un poste de police municipale ont été saccagées.

Castaner dehors !

Au lendemain de ces émeutes qui étaient largement prévisibles, on ne peut que se demander pourquoi les autorités ont piteusement renoncé à faire respecter l’interdiction de manifester prononcée par la Préfecture et n’ont pas donné l’ordre aux policiers de disperser immédiatement les manifestants. Pas gêné plus que cela, semble-t-il, d’avoir vu l’autorité de l’Etat ainsi ouvertement bafouée, le ministre de l’Intérieur devait se contenter de publier un banal tweet en fin de soirée affirmant que « la violence n’a pas sa place en démocratie », et que « rien ne justifie les débordements survenus ce soir à Paris, alors que les rassemblements de voie publique sont interdits pour protéger la santé de tous » ! Une réaction d’autant plus inacceptable que l’on a pu voir Castaner, en d’autres occasions, faire preuve d’un zèle tout particulier dès lors qu’il s’agissait de faire respecter des interdictions de manifester prononcées contre des manifestants pro-Vie ou encore des Identitaires. Par ailleurs, au moment où les comités prétendument « anti-racistes » et autres groupuscules d’extrême gauche multiplient en France les manifestations violentes et les appels à la haine anti-flics, on ne peut que se demander, là aussi, comment il se fait que le ministère de l’Intérieur n’ait pas depuis longtemps déjà demandé leur dissolution immédiate.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 3 juin 2020