Salutaire commission d’enquête sénatoriale, par Maxime Tandonnet

L’annonce de la création d’une commission d’enquête sénatoriale sur la gestion de la crise du covid 19 a suscité le trouble en haut lieu. Or, avant toute autre chose, face au bilan d’une tragédie les Français ont le droit de savoir de manière factuelle ce qui s’est passé, d’établir les responsabilités et d’en tirer les conséquences en termes de sanctions politiques. C’est là un principe démocratique absolu dont il est inconcevable de les priver.
Art. 15 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen: La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration.
Cela concerne toute personne en charge d’une responsabilité publique, aussi bien le chef de l’Etat, le Premier ministre, les ministres et les fonctionnaires.

Pendant trois ans, les Français ont été abreuvés de paroles grandiloquentes « Jupiter », « exemplarité », « renouvellement », « transformation », « refondation » et d’une avalanche de communication à outrance. Or, des questions se posent inévitablement sur le décalage entre la splendeur arrogante affichée au quotidien et le piètre bilan d’une tragédie. Si l’on en juge par les données de l’OMS, pour une taux de létalité moyen dans le monde de 7,09 %, la France affiche les pires résultats : 19%, pire que la Belgique : 15,68, Royaume-Uni : 15,43, Italie : 13,72, Pays-Bas : 12,33, Suède : 12,09, Espagne : 10,22. Il apparaît qu’en France l’on meurt trois fois plus qu’aux USA (5,76), et cinq fois plus qu’en Allemagne (4,15) qui se classe dernière (une fois n’est pas coutume) en Europe à égalité avec le Portugal.

D’innombrables questions se posent: sur l’absence des masques pendant trois mois, des tests de dépistage, de places de réanimation en nombre suffisant, la situation hospitalière, les revirements dramatiques de la communication officielle, les 50 jours de privation de liberté infligée aux Français assignés à résidence, les morts dans les EPAD, l’effondrement économique de la France, infiniment pire qu’ailleurs, notamment en Allemagne. La crise aura fait au bas mot une trentaine de milliers de morts et probablement des millions de chômeurs.

Cette hécatombe n’était pas une fatalité si l’on en juge par la situation de nombreux autres pays qui n’ont pas connu ce niveau de désastre. Il est inepte d’affirmer que « ce n’est pas le moment de gêner l’exécutif ». Enquêter, faire la lumière, n’entrave pas la poursuite de l’action. Les Français ont le droit de savoir aujourd’hui, à chaud, ce qui s’est passé. Demain, à grand renfort de matraquage médiatique, les esprits passeront à autre chose. C’est donc bien aujourd’hui que les Français ont le droit de demander des comptes à travers leurs représentants, à travers les sénateurs. La création de la commission d’enquête sénatoriale est tout à l’opposé d’une manœuvre politicienne. Elle est un acte indispensable de transparence, de justice et de démocratie.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet