Banlieues hors-la-loi – La partition en deux de la France officialisée

Nous le savions déjà depuis longtemps : malgré les affirmations du gouvernement selon lesquelles la loi républicaine s’appliquerait partout et de la même manière sur le territoire français, les banlieues ethniques font de toute évidence, et depuis des années, l’objet d’un traitement particulier en ce sens où l’Etat a renoncé à y mettre de l’ordre et a capitulé face aux délinquants et aux islamistes. Une constatation qu’est venue prouver samedi la révélation dans les médias d’une note interne aux forces de l’ordre dans laquelle la direction de la police du Calvados demande ouvertement à ses agents de ne pas intervenir dans les quartiers « à forte concentration de population suivant le ramadan » afin d’éviter que la situation ne dégénère.

Eviter un surcroît des émeutes ethniques

Adressée vendredi dernier, jour du début du ramadan, à l’ensemble des commissaires du département, cette note interne est en effet on ne peut plus claire. Appelant les policiers à « faire preuve de discernement », le chef de la direction départementale de la sécurité publique du Calvados leur demande de ne pas « intervenir dans des quartiers à forte concentration de population suivant le ramadan, pour relever un tapage, contrôler un regroupement de personnes rassemblées après le coucher du soleil ». La note va même jusqu’à préciser que, « sauf atteinte aux personnes ou atteinte grave aux biens, il faut éviter qu’un manquement aux règles de confinement ne dégénère et provoque un trouble supérieur de violences urbaines » !

Des consignes dont les grands médias ont fait mine de s’étonner et ont cherché à savoir si elles avaient été données en d’autres lieux du territoire français. Et là, la réponse aura bien sûr été sans surprise : l’entourage de Castaner s’est évidemment empressé d’assurer qu’il ne s’agissait que « d’une initiative locale incompréhensible ». Mieux : dans la soirée, on apprenait par le biais d’un communiqué officiel que le directeur général de la police nationale, après avoir affirmé que « la police intervient en tout point du territoire pour assurer la sécurité des personnes et des biens quelles que soient les circonstances », avait demandé à ce qu’« un rapport d’explications lui soit transmis » le soir même…

Des consignes devenues systématiques

La vérité, comme l’a indiqué Fabien Vanhemelryck, secrétaire général d’Alliance, c’est que « contrairement à ce qui a pu être dit […] par le gouvernement, cette note prouve que nous avions raison : on ne veut pas que les policiers entrent dans certains quartiers ». Interrogé par les journalistes, Fabien Vanhemelryck a notamment rappelé les consignes du même type données récemment à ses collègues d’I-D-F. Jeudi dernier, en effet, l’association Mobilisation des policiers en colère publiait sur son compte Twitter une vidéo filmée à bord d’un véhicule de police, dans la nuit du 21 au 22 avril, et alors que plusieurs cités de la banlieue parisienne venaient encore de s’embraser, dans laquelle la radio diffusait le message suivant : « Eviter le contact et la confrontation avec les perturbateurs notamment lors des interventions ne présentant pas de danger immédiat afin d’éviter tout blessé parmi les forces de l’ordre ou les perturbateurs » !

Des consignes données par la Préfecture qui, confient anonymement nombre de policiers, sont « loin d’être exceptionnelles » et tendent même à « devenir officielles ». Dans le même esprit, on pourrait encore citer Linda Kebbab, d’Unité SGP Police FO, qui expliquait aussi la semaine dernière que l’utilisation des voitures banalisées est maintenant fortement recommandée pour ne pas exacerber les tensions « à la vue d’une voiture bleu-blanc-rouge »…

Des préfets qui ne cachent plus la partition

Là encore, évoquant la vidéo diffusée par MPC, Castaner devait tweeter le lendemain qu’« il n’y a pas de quartiers où les forces de l’ordre [n’interviennent] pas ». Mais qui croit-il encore tromper avec des affirmations aussi mensongères ? Son attitude est d’autant plus grotesque que, un peu partout en France, des préfets sont récemment allés jusqu’à officialiser indirectement cette différence de traitement judiciaire entre les Français ordinaires et les habitants des banlieues ethniques. On l’a vu avec le préfet des Bouches-du-Rhône Emmanuel Barbe qui, avouant son impuissance à « éviter que les gens se rendent visite les uns les autres dans une même barre d’immeubles », a au fond autorisé les musulmans des cités marseillaises à enfreindre la loi. Avec Pierre Dartout, préfet de la région PACA, qui s’est associé à cette désertion. Avec Pascal Mailhos, préfet de la zone Sud-Est, qui a déclaré qu’« il ne fallait pas mettre le feu aux banlieues en essayant d’instaurer un strict confinement ». Et même avec Laurent Nuñez qui, selon Le Canard enchaîné, a expliqué le 18 mars aux préfets de zone de défense que « ce n’est pas une priorité que de faire respecter dans certains quartiers les fermetures de commerces et de faire cesser les rassemblements » ! On notera d’ailleurs au passage que tous ces braves gens, adeptes du « pas d’amalgame », n’ont pas manqué à cette occasion de voir le lien évident entre banlieues, bandes ethniques et islam…

« Un événement grave et inacceptable »

Reste que, malgré son extrême gravité, cette officialisation de la partition en deux de notre pays, ne semble pas – et c’est profondément scandaleux – choquer grand monde en dehors du RN et des syndicats de police. Parmi ces derniers, on citera notamment Unité SGP police Ile-de-France, qui a estimé qu’il était « temps pour notre administration de faire preuve de courage et de faire appliquer les consignes données partout et pour tout le monde ». Ou encore France Police-Policiers en colère, qui s’est indigné du fait que l’on donne pour consigne aux policiers de verbaliser « la grand-mère ayant mal rempli son attestation » tout en accordant une « impunité totale pour ceux qui brûlent, pillent et agressent nos collègues toutes les nuits ». Enfin, du côté politique, Nicolas Bay (RN) a estimé très justement qu’à travers la consigne qu’il a donnée aux policiers, « le chef d’état-major de la DDSP du Calvados vient d’entériner que, sur le territoire français, la loi pouvait donc s’appliquer différemment dans la zone où la population musulmane est devenue majoritaire ». Or, en agissant ainsi, a précisé Bay, « le directeur départemental, donc la principale autorité policière du Calvados, réalise là l’objectif direct des factions islamistes à l’œuvre dans notre pays, qui ne peuvent interpréter cela que comme un signe de faiblesse voire un geste de soumission ».

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 27 avril 2020