Le confinement, solution à l’incurie de nos instances sanitaires

Le bruit court dans la presse, ces jours-ci, que le virus du Covid-19 pourrait être lié à une manipulation génétique et s’être échappé d’un laboratoire de recherche biologique, normalement hautement sécurisé, situé à Wuhan. Le professeur Montagnier, découvreur du virus du SIDA et prix Nobel de médecine, interrogé par la presse médicale ne repousse pas l’hypothèse d’une manipulation génétique peut-être destinée à trouver un vaccin contre le SIDA car, d’après lui, des biologistes indiens auraient découvert dans le génome de ce coronavirus des éléments génétiques appartenant au virus du SIDA.

Quelle que soit l’origine de ce virus, manipulation génétique ou mutation et passage de l’animal à l’homme, il s’est répandu comme une traînée de poudre dans le monde entier, nous a pris totalement au dépourvu et a révélé nos graves insuffisances dans bien des domaines.

La première d’entre elles, à l’origine de l’obligation de confinement, est le manque dramatique de lits dans l’hospitalisation publique française. Depuis des années, on ne cesse de réduire leur nombre, on ferme des établissements et on diminue le personnel pour, comme disent les administratifs, optimiser le fonctionnement de nos hôpitaux, sans tenir aucunement compte du bien-être des malades. Comme pour aggraver les choses, les plans élaborés par les fonctionnaires du ministère de la Santé pour faire face à une épidémie reposent essentiellement sur l’hospitalisation publique et ne tiennent aucunement compte de la médecine de ville. C’est ainsi qu’au lieu de conseiller à la population de consulter son médecin traitant en cas de symptômes évocateurs du Covid-19 afin de faire un traitement et un premier tri avant d’envisager, si nécessaire, une hospitalisation, on a préféré adresser tous ces malades au centres 15 qui ont, bien sûr, été très rapidement saturés, privant par là même les autres urgences de tout secours rapide.

Certes, la critique est facile, mais on ne peut s’empêcher de comparer notre système de santé à celui de l’Allemagne qui, pour une dépense publique à peu près identique, propose un nombre de médecins plus élevé qu’en France, un nombre de lits d’hospitalisation nettement plus important et quatre fois plus de lits de réanimation. On ne peut s’empêcher de noter également que leurs hôpitaux ont 30% de moins de personnel administratif que chez nous. Cherchez l’erreur !

Comment accepter, également, que des malades graves, en réanimation, soient transférés à plusieurs centaines de kilomètres de distance, loin de leurs proches, parce qu’on manque de lits et de matériel sur place. Soyons sûrs que nos experts en expertise se poseront la question de savoir comment résoudre ce problème après la crise. Mais il y a fort à parier qu’ils proposeront un plan très élaboré pour réquisitionner des TGV afin de dispatcher rapidement les malades sur tout le territoire (logique d’experts) plutôt que proposer le financement de nouveaux lits et l’embauche de personnel pour faire face à une nouvelle éventuelle crise sanitaire. Le Titanic possédait bien des chaloupes de sauvetage, mais pas en nombre suffisant pour tous les passagers et membres d’équipage ; on a vu le résultat !

Alors, plutôt que reconnaître l’origine de ce dysfonctionnement (les restrictions budgétaires effectuées par les différents gouvernements de ces trente dernières années) et prendre les mesures qui s’imposent en vue d’une nouvelle crise sanitaire (et il y en aura forcément d’autres), nous aurons droit à un nouveau confinement, à de nouvelles restrictions de liberté et à de nouvelles répressions violentes si nous osons manifester, mais puisque c’est pour notre bien, ne doit-on pas s’estimer heureux ? Ainsi, nous aurons le temps de revoir Soleil vert, de relire Orwell et Aldous Huxley.

Dr. Jacques Michel Lacroix

Tribune reprise de Boulevard Voltaire