Gestion de la crise sanitaire – Où commence l’inacceptable?, par Maxime Tandonnet

« Et que feriez vous à leur place? » Bonne question. Gouverner dans l’apocalypse est de toute évidence une épreuve terrible. Qui voudrait être à leur place aujourd’hui?

Les dirigeants politiques à la tête du pays, depuis des années, sont avant tout des artistes de la communication. Ils ne sont, pour l’essentiel, ni des visionnaires, sensible à la tragédie de l’histoire et son caractère imprévisible, capables d’anticiper sur l’événement, ni des hommes d’action, susceptibles de faire des choix cruciaux et de décider. Ce sont de brillants acteurs médiatisés, des séducteurs, des virtuoses dans l’art des illusions et des chimères. Tel est le fruit du déclin de l’instruction et de la médiatisation à outrance de la vie publique.

L’absence d’anticipation, les erreurs d’appréciation et les volte-face, font partie des aléas de la vie gouvernementale. Ils relèvent de la responsabilité politique, et non de la responsabilité pénale. En cette période d’anéantissement de la démocratie parlementaire, il incombera au peuple (s’il en est capable) d’en tirer les conclusions le moment venu.

En revanche, par delà les vicissitudes et les errements d’une gouvernance de crise, il est des comportements qui sont par définition impardonnables, inacceptables dans toute tragédie collective et qui eux, ne relèvent pas de l’erreur ni de la responsabilité politique, mais de la faute morale.

Voici des bornes qui ne devraient jamais être franchies :

– Rejeter les torts de l’imprévision et de carences sur les autres, sur les prédécesseurs ou les conseilleurs, réels ou supposés, c’est-à-dire se défausser de ses propres responsabilités;
– Se moquer du monde, des millions de personnes plongés dans le malheur, en se livrant, dans pareilles circonstances, à toute forme de communication narcissique ;
– La mauvaise foi, l’entêtement, l’incapacité à accepter la critique et à reconnaître ses torts même les plus évidents;
– Profiter du chaos et du désarroi pour imposer des mesures non strictement nécessaires et touchant aux libertés, à la démocratie ou aux droits sociaux de la nation;
– Etre affleuré par l’idée même de mettre à profit la tragédie d’une nation dans un objectif personnel de conquête ou de conservation du pouvoir.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet