Humiliation d’Erdogan: pourquoi Poutine a-t-il fait poiroter le président turc devant son bureau

La dernière rencontre entre les présidents russe et turc a fait l’objet de nombreux commentaires sur les réseaux. Décryptage du vrai et du faux et des conséquences profondes de cette rencontre.

La salle choisie pour la rencontre du 5 mars dernier au Kremlin ne manquait pas de surprises pour le président turc… Avant même cela, c’est l’attente de la délégation turque, filmée par la télévision russe qui a beaucoup amusée sur les réseaux sociaux. Une attente dans le vestibule qui n’a en fait rien d’anormal. On y voit un Erdogan, livide, isolé, qui finit par s’asseoir, comme on se rend.

Deux petites minutes qui paraissent interminables

Deux petites minutes qui semblent longues à l’image, mais qui pour ce qui est du président russe, n’ont rien d’anormal, au contraire. Poutine a toujours su utiliser ses retards, quelque soit la personnalité attendue. Il y a pourtant différents types de retard chez lui.

Le premier est un message diplomatique quand les relations sont tendues. Cela a été le cas avec Angela Merkel, qui possède le record historique en 2014 avec 4h15 de retard… On peut noter aussi 3 heures pour le Premier ministre japonais Shinzo Abe en 2016, 50 minutes pour le pape François en 2015, 40 minutes pour Obama en 2012 ou même 14 mn pour la Reine Elizabeth II en 2003. Le second cas est le perfectionnisme de Poutine qui peut recevoir les dernières synthèses de son service diplomatique ou de son service de renseignement avant qu’une réunion importante ne commence.

Pour ce qui est d’Erdogan donc, pas vraiment de quoi s’alarmer. Mais qu’en est-il de la statue de Catherine II et de la pendule qui orne la cheminée du salon d’apparat ?

En effet, dans la salle où sont photographiés les deux présidents, une statue de l’Impératrice attire l’attention. Parmi de nombreuses réalisations et victoires militaires, la grande Catherine arracha la péninsule de Crimée, placée sous le joug ottoman depuis le XVe siècle à l’issue de la guerre russo-turque de 1787-1792. Elle y fonda la ville de Sébastopol en 1783. Mais ce n’est pas elle qui a conduit chacune des onze guerres russo-turques de l’histoire, la première datant de 1568…

La pendule est réalisée par le sculpteur russe Eugène Lanceray en 1880 complète le décor. Elle illustre la campagne des Balkans (1877-78) où les Russes s’étaient portés au secours de leurs frères orthodoxes serbes, bulgares, grecs et monténégrins qui aspiraient à leur indépendance de l’Empire ottoman.

Dans les deux cas, Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin fait la même réponse. Il s’agit d’une pure coïncidence et absolument pas d’une mise en scène destinée à impressionner Erdogan. Il est effectivement bien possible que ce dernier n’y ait pas vu malice. De fait, c’est bien la salle qui est utilisée pour les photographies avec les chefs d’Etat qui visitent le Kremlin. Sa décoration reflète en tout cas une chose, le goût pour l’Histoire et la continuité de l’Etat qui animent le président russe.

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