Trois radiations demandées par la Préfecture, par Franck Deletraz

Trois radiations demandées par la Préfecture, par Franck Deletraz

Les leçons de l’affaire Harpon et du carnage perpétré par cet islamo-terroriste à la préfecture de police de Paris en octobre 2019 ont-elles vraiment été tirées ? C’est ce que certains auront peut-être été tentés de croire en apprenant cette semaine que ladite préfecture avait récemment demandé la radiation de trois policiers pour cause de « radicalisation ». Sauf que, à en croire les chiffres révélés mardi par le ministre de l’Intérieur, ce ne seraient pas moins de « 106 cas » qui seraient actuellement « étudiés », dont 80 ont déjà été classés faute de preuves suffisantes…

Une véritable « faillite collective »

Mercredi dernier, à mi-parcours de ses travaux, la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’affaire Harpon, présidée par le député LR Eric Ciotti, rendait publics les premiers éléments d’un rapport qui promet d’être accablant pour les autorités. Allant jusqu’à faire part de la « sidération » de l’ensemble de la commission face à une telle « accumulation de dysfonctionnements majeurs, structurels, fonctionnels et organisationnels », et face à « l’amateurisme » incroyable de la DRPP, Ciotti dénonçait une véritable « faillite collective ». Rappelant notamment qu’il y avait eu « une accumulation de signes » en amont de la tuerie, que son auteur « n’aurait jamais dû rester dans un service aussi sensible », ou encore que « son habilitation secret-défense aurait dû lui être retirée » depuis longtemps, Ciotti et le rapporteur de la commission, Florent Boudié (LREM), mettaient enfin l’accent sur l’absence quasi totale de « culture de la vigilance de la vulnérabilité ». Bref, une situation proprement hallucinante et inconcevable au moment où, de l’aveu même de ceux qui nous gouvernent, la France est en guerre contre l’islamisme. Or, qu’en est-il aujourd’hui ? Mercredi, on apprenait que la préfecture de police de Paris avait transmis trois dossiers de demande de radiation de ses fonctionnaires pour cause de « radicalisation » à la DGPN : deux premiers visant des agents remarqués pour leur « pratique rigoriste de la religion musulmane » et leur « comportement prosélyte », toujours en cours d’instruction, et un troisième concernant un agent administratif dont « la pratique rigoriste de l’islam a des répercussions sur son travail », déjà entre les mains de la fameuse commission paritaire créée en 2017 pour statuer sur les cas de fonctionnaires présentant une menace pour la sécurité publique. Une « première », comme le soulignent les grands médias.

Quand la discrimination devient vitale

Une « première »… en deux ans d’existence ! Et alors même que, selon les chiffres avancés mardi par Castaner lui-même, pas moins de « 106 cas » de fonctionnaires suspectés de radicalisation seraient actuellement étudiés, rien que dans la police nationale ! 106 cas sur lesquels, d’ailleurs, 80 ont d’ores et déjà été classés sans suite, officiellement parce qu’« infondés ou fantaisistes », officieusement parce que l’administration s’est surtout montrée incapable d’apporter la preuve de leur dangerosité. Ce qui veut dire que depuis octobre 2019, seuls quatre policiers ont été suspendus, et neuf se sont vu confisquer leur arme de service ! Des chiffres qui montrent bien que l’Etat, en réalité, se refuse à prendre la mesure du danger qui nous menace. En effet, alors que toute nation en guerre, pour des raisons de sécurité évidentes, pratique une discrimination bien légitime en interdisant purement et simplement l’accès à l’ensemble des postes clefs de sa défense et de sa sécurité aux personnes susceptibles d’avoir un lien (même lointain) avec l’ennemi, la France macronienne, elle, s’entête de manière suicidaire, pour sauver un « vivre ensemble » auquel elle est la seule à croire, à faire un tri absurde entre « radicalisés », « non radicalisés », « en cours de radicalisation », « radicalisés mais gentils »…

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 6 février 2020