Immigration : le nombre de demandeurs d’asile explose en France

Le premier bilan 2019 relatif aux demandes d’asile et aux expulsions de migrants en France a été donné par le ministère de l’Intérieur mardi 21 janvier. La pression migratoire s’amplifie. Les immigrés sont chaque année de plus en plus nombreux sur le territoire. Pour beaucoup de Français, ce ne sont aucunement des chiffres abstraits mais une réalité vécue au quotidien dans des villes dont les populations se transforment à une vitesse inédite. Le ministère de l’Intérieur indique que la demande d’asile est en hausse mais moins qu’avant, tandis que les expulsions auraient beaucoup augmenté, bien que demeurant faibles. Une manière d’enjoliver la réalité, les expulsés revenant aussi vite qu’ils sont partis.

En 2019, la France a accordé 3,534 millions de visas à des étrangers dont 95 % de court séjour. Les Tunisiens et les Algériens sont toujours nombreux dans cette catégorie. Concernant les titres de séjour, leur délivrance s’est accrue de 6,8 %, dont nombre d’étudiants (91 445 titres, hausse de 9,3 %). C’est beaucoup pour un pays où bien des jeunes ont du mal à accéder aux formations qu’ils souhaitent. Cette hausse est voulue et facilitée par une procédure Internet. Les titres fournis pour raisons familiales (88 778) arrivent pour la première fois après ceux octroyés pour études. Viennent ensuite l’immigration économique, 38 843 titres, + 15,3 %, et l’immigration humanitaire, celle souvent mise en avant, avec seulement 38 157 titres mais une hausse de 9,1 %.

L’Afrique noire s’invite en France

Outre ces chiffres équivalents à la population d’une métropole régionale, le fait marquant est la poursuite de l’explosion des demandes d’asile : 132 614 demandes faites à l’OFPRA, soit une hausse de 7,3 %. C’est moins qu’en 2018 (+ 22,3 %) et qu’en 2017 (+ 17,5 %) mais, sur une période de trois, cinq ou dix ans, c’est énorme et cela aide à comprendre pourquoi le paysage humain de nos villes se transforme à une telle vitesse. En tout, 36 512 dossiers ont été retenus en 2019, un « taux de protection de 38,2 % » selon le ministère. Il s’agit de migrants refusés dans d’autres pays européens, qui passent d’un pays à l’autre et font des demandes similaires, mais aussi de candidats pour le moins étranges comme les Albanais et les Géorgiens. Outre ces deux pays, la majeure partie des demandeurs viennent d’Afghanistan (refusés en Allemagne), Guinée, Côte d’Ivoire, Haïti, Nigeria, Mali, République Démocratique du Congo et Bangladesh. 50 % de pays d’Afrique noire. Face à cela, le ministère de l’Intérieur prétend se féliciter d’une hausse des expulsions de… 50 % depuis l’élection de Macron. En réalité, ce sont environ 18 000 expulsés sur les 100 000, au moins, obligations de quitter le territoire français (OQTF) décrétées. La loi est respectée dans à peine 20 % des cas. Même avec ces documents présentés de la façon la plus favorable imaginable pour le gouvernement, les chiffres ne font pas illusion : la France connaît une nouvelle vague d’immigration massive en provenance d’Afrique noire.

Paul Vermeulen

Article paru dans Présent daté du 23 janvier 2020