Élections législatives anticipées en Grande-Bretagne : pari gagnant pour Boris Johnson

16/12/2019 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Politologues, sondeurs, journalistes… la plupart étaient formels : acculé, le Premier ministre britannique serait balayé. On allait voir ce que l’on allait voir. Les conservateurs empêtrés dans le processus sans fin du Brexit perdraient la majorité absolue. Les Anglais fatigués des manœuvres politiciennes avaient ouvert les yeux et regrettaient leur vote. Un nouveau référendum serait probable qui aboutira à l’annulation du Brexit. Il n’en fut rien. Ce jeudi 12 décembre, les conservateurs ont gagné des dizaines de sièges supplémentaires assurant à Boris Johnson une confortable majorité tandis que le parti travailliste s’est effondré, y compris dans les circonscriptions ouvrières historiquement rouges.

Comment expliquer cette nette progression ?

Plusieurs facteurs entrent en compte. Avec 365 sièges sur les 650 de la chambre basse, le parti conservateur obtient son meilleur résultat depuis toujours, tandis que son adversaire travailliste enregistre sa pire défaite depuis 1935. Cette victoire sans conteste est tout d’abord celle de Boris Johnson : « brexiter » de la première heure, sa personnalité loufoque a pu jouer en sa faveur ainsi que la simplicité de son message « Get Brexit done » contrastant avec la dispersion de son principal rival Corbyn incapable de trancher la question du Brexit et de donner un cap au parti travailliste. A cela s’ajoute, le choix de Nigel Farage, vainqueur des élections européennes avec son Brexit party, de ne présenter des candidats que dans les circonscriptions travaillistes et de soutenir un maximum de candidats conservateurs. Stratégie payante qui a permis aux travaillistes « brexiters », qui ne voteront jamais conservateurs, de reporter leurs voix sur les candidats de Farage plutôt que de s’abstenir.

Une ombre au tableau pour Johnson : le raz-de-marée conservateur n’a pas franchi le mur d’Hadrien

En Écosse, le parti nationaliste (SNP), ancré au centre-gauche dans le paysage politique, a enregistré d’excellents résultats en remportant 48 des 55 sièges. Européiste, pro-LGBT, immigrationniste, le parti a revendiqué, par le biais de sa cheffe et Première ministre écossaise Nicola Sturgeon, le droit d’organiser un second référendum qui permettrait à l’Écosse de quitter le Royaume-Uni afin de rester pleinement dans l’Union européenne. Londres pouvant seul autoriser un second référendum, Boris Johnson n’a pas tardé à répliquer par une fin de non-recevoir. Un second front s’ouvre pour Londres : à l’extérieur, Bruxelles, à l’intérieur, Edimbourg.