Gilets jaunes : un an après, quel avenir pour ce mouvement qui aura durablement marqué le quinquennat Macron ?

Gilets jaunes : un an après, quel avenir pour ce mouvement qui aura durablement marqué le quinquennat Macron ?

18/11/2019 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Ce week-end, le mouvement des Gilets jaunes « fêtait » sa première année d’existence. Révoltes fiscales, frondes sociales, jacqueries, révolutions, canuts, révoltes ouvrières et populaires, poujadisme, mai 68, etc. Notre passé compte plusieurs épisodes similaires et, à n’en pas douter, les Gilets jaunes s’inscrivent d’ores et déjà dans la continuité de cette tumultueuse histoire de France. Son ampleur et sa durée déroutent les observateurs, la nature des revendications, sa genèse et ses évolutions le rendent difficilement saisissable. Quand certains y voient la révolte du petit peuple contre ses élites déconnectées, le réveil de cette France périphérique décrite par Guilly et Michéa face aux saccages de la mondialisation, le sursaut du « petit blanc » déclassé qui ne veut plus mourir en silence ; d’autres se prennent à rêver du grand soir anticapitaliste, de VIe République girondine et de Commune l’emportant 150 ans après sur les forces versaillaises grâce à une convergence des luttes entre travailleurs « lepenisés », zadistes, syndicats et minorités bobos de Nuit debout. Et puis, il y a ceux qui qualifient les Gilets jaunes de dangereux extrémistes, envieux, éternels jaloux du succès des autres, haineux et casseurs.

Sans doute est-il encore trop tôt pour qualifier politiquement ce mouvement, sans doute les Français ne savent-ils pas eux-mêmes comment le cerner, toujours est-il que sa popularité reste très haute.

Malgré les casses, les pillages, les manques à gagner pour les commerçants, les Français dans leur majorité continue de soutenir ce mouvement. C’est ce que montre une récente enquête Odoxa-Dentsu Consulting pour Le Figaro et Franceinfo. 69% des personnes interrogées trouvent le mouvement plutôt, voire tout à fait « justifié » alors que seuls 13 % des Français ne le trouvent au contraire « pas du tout justifié ». 58% des personnes interrogées trouvent que la mobilisation des Gilets jaunes a été « plutôt une bonne chose » pour « les gens comme [eux] ». L’institut Elabe a également sondé les Français sur leur adhésion aux revendications du mouvement. Si 55% des personnes interrogées approuvent la mobilisation des Gilets jaunes, 6 Français sur 10 s’opposent toutefois à un regain de mobilisation.

Un an après, les blessures subsistent et le pouvoir a tremblé

Plus de 10 000 personnes ont été retenues et entendues dans toute la France au cours des sept mois les plus intenses de manifestations. Moins de la moitié pourtant ont fait l’objet de poursuites. Ces mesures préventives ont contribué à ternir l’image des forces de l’ordre de même que l’usage de leurs armes. Mutilées par des grenades ou des tirs de LBD, plusieurs dizaines de manifestants ont vu leur vie basculer. 212 enquêtes ont été confiées par le procureur de la République de Paris à l’IGPN, 146 ont été clôturées. Parmi elles, 18 informations judiciaires sont à l’instruction et 72 procédures sont toujours en cours d’analyse au Parquet de Paris qui doit déterminer des suites à donner. Des chiffres qui frappent, à la mesure de la peur qui a soufflé sur la Macronie chaque samedi, plusieurs semaines d’affilé.

Pour ce premier anniversaire, entre 30 et 40 mille personnes ont défilé dans toute la France. « Macron je te déteste de tout mon cœur » pouvait-on lire sur un coussin en forme de cœur tenu par un manifestant place d’Italie, signe que les blessures sont loin d’être refermées.