Fraudes à la Sécurité sociale – Le rapport choc et attendu !, par Etienne Defay

Fraudes à la Sécurité sociale – Le rapport choc et attendu !, par Etienne Defay

Saviez-vous que d’après les chiffres de la Sécurité sociale, la France compterait pas moins de trois millions de centenaires ? Saviez-vous que pour la Sécurité sociale, un médecin se rendant dans un Ehpad et visitant quarante résidents peut facturer quarante allers-retours ? Saviez-vous que d’après la Sécurité sociale, un père a pu déclarer pas moins de 70 naissances dans des mairies et des départements différents ? Saviez-vous que le Registre National d’identification compte pas loin de 85 millions de personnes vivantes bénéficiant de prestations sociales alors même que nous ne sommes officiellement que 65 millions de Français ?

Enfin, plus important encore, saviez-vous que le montant de la fraude à la Sécurité sociale coûte environ huit milliards d’euros par an ?

On parle depuis plusieurs années des fraudes à la Sécurité sociale, on connaît le scandale et la plupart des combines des fraudeurs. Or, il aura fallu un travail coordonné de la sénatrice Nathalie Goulet et du magistrat Charles Prats pour arriver à cette précision effarante.

Un capharnaüm difficilement compréhensible

« Jetez-y la sonde, vous n’en connaîtrez jamais la profondeur » s’exclamait Vautrin au jeune Rastignac à propos de Paris dans le roman de Balzac. Cette métaphore s’applique tout aussi bien à la Sécurité sociale et notre Rastignac élyséen serait bien inspiré de lire avec attention ledit rapport. Car, comme le souligne Eric Verhaeghe : « à lire le rapport entre les lignes, l’existence de trois millions de centenaires encore vivants dans le Registre National, à comparer aux 20 000 centenaires réels recensés, induit qu’il existe une fraude de plusieurs millions d’assurés. En admettant l’hypothèse que chaque centenaire bénéficie (en fourchette basse) de 15 000 euros de retraites par an, ils seraient à eux seuls responsables d’une fraude de 45 milliards, soit 10 % environ des prestations de la Sécurité sociale. »

Las. L’association Contribuables Associés avait révélé l’année dernière tel des prémices du rapport fatidique, le cas d’un retraité algérien décédé depuis longtemps et qui continuait de percevoir une retraite alors même qu’il avait atteint l’âge nécromancien de 150 ans. Il s’agissait évidemment des enfants de ce dernier qui avaient « oublié » de déclarer son décès. Une peur qui ne fait qu’accroître quand on sait que la majorité LREM a récemment voté une facilitation de l’accès aux soins en France pour les Algériens.

En tout cas, la menace d’un tel rapport avait incité certaines caisses à œuvrer. Ainsi, celle du Puy-de-Dôme avait révélé en juillet 2019 les données chiffrées et les résultats relatifs à la lutte contre la fraude en 2018. Au total, sur 336 fraudes ayant donné lieu à une action, le préjudice s’élève à plus d’un million 850 mille euros. Une goutte dans l’océan certes mais qui se rajoute à toutes les fraudes que cette caisse n’a pas trouvées.

Outre ce cas isolé, la plupart s’accordent à dire que la Sécurité sociale fait preuve de laxisme quant à la gestion de ces fraudes. Comme si cela préfigurait un pourrissement voulu pour en finir un jour ou l’autre avec ce système. A cause du comportement délictueux de certains, la Sécu est aujourd’hui menacée, de quoi remettre de larges poignées de Gilets jaunes dans la rue.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 4 septembre 2019